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Eathanor

Campagne saturnienne

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Eathanor

Dans de jaunes pâturages écrasés de chaleur,

Parmi les quelques rares herbes sèches restantes,

Quelques mornes vaches broutent sans conviction.

Au loin, l'aboiement d'un chien plombe les heures.

 

Les horizons semblent devoir retourner la glèbe.

Solitaire, le marcheur erre sur des sentiers raboteux.

Des taches solaires dansent sur les accrocs des layons.

Les diptères voraces sucent les dernières notes boisées.

 

Des balafres bitumeuses déchirent les coteaux dénudés.

Parfois, un triste village émerge de ces mélancoliques étendues.

Entre des granges désertes et des fermes aux murs lézardés,

Des silhouettes indéfinies dérivent dans les rues défoncées.

 

Au milieu d'un champ, sous les branches d'un vieux chêne,

La brise atone du soir se love parmi les branches foudroyées.

Sur le rebord du calice ébréché de cette nature morte,

Le marcheur épuisé se repose en se balançant doucement.

  • Aimé 3

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Diane

Un décor aride pour une marche épuisante ..

Un cataclysme semble être passé par la 

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Marc Hiver
Posted (edited)

@Eathanor,

 

Dans ton commentaire sur La Marée de Frédéric Cogno, tu écrivais :

 

Citation

Actuellement en vacances dans la Nièvre, où je dois avouer éprouver un mortel ennui, je serai en Bretagne vendredi prochain. Vous lire, cher Frédéric, renforce cette langueur qui saisit mon âme d'ici mon arrivée sur les côtes bretonnes.

Ton poème restitue très bien ton état d'esprit !

Edited by Marc Hiver

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Eathanor

Fort bien vu @Marc Hiver 🙂 

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Filae77
Il y a 11 heures, Eathanor a dit :

Au milieu d'un champ, sous les branches d'un vieux chêne,

La brise atone du soir se love parmi les branches foudroyées.

Sur le rebord du calice ébréché de cette nature morte,

Le marcheur épuisé se repose en se balançant doucement.

Bonjour @Eathanor,  un cœur pour ce poème , poésie contemplative, scripturale et campagnarde (on pense à l' angélus de Millet) .

ce qui m' intéresse particulièrement:   Or l' humain n' y trouvera ni la paix ni la joie supposées, car que ce soit  dans votre poésie urbaine,

ou ici,  il  n' existe que par (et pour ?)sa solitude (constante quasi absolue chez vous)  ,qui  est une solitude existentielle  qui le suit où qu'il aille,

et il est malgré lui le véritable héros de ce texte magnifique, et ce n' est pas pour rien que le dernier vers 'zoome' sur lui . (à mon sens)

 

(ps: Mon père avait une maison de campagne à coté de Clamecy, c' est très beau la Nièvre) 

  

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Joailes

Je crois comprendre, du coup, que ce poème est récent. L'ennui peut donc inspirer tout autant que le reste, et tu plantes là un décor si morne que l'on ressent cet ennui comme si on y était !  La première confrontation avec l’ennui n’est donc pas agréable. Mais on peut l’apprivoiser. C’est un pas de côté qui nous permet d’intégrer notre vie dans sa réalité. 

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Gilliatt

Bonjour @Eathanor , en ces vers, je reconnais ce vague à l'âme qui me saisit dès que je m'éloigne un peu de la mer et qui brouille ma vue aux charmes, bien réels, je le sais,  des campagnes.

J'ai pensé aussi aux paysages martiens, ( Mars Curiosity) qui parfois laissent deviner d'anciens cours d'eaux et d'autres troublants vestiges. Un poème saturnien où transpire l'appel de la mer, j'aime   ❤️

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Frédéric Cogno

Beau texte. L'ennui n'est pas forcément insipide, il peut être poétiquement une saveur contrairement au cafard où là il ne sert à rien de prendre la plume.

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Eathanor

Merci pour les deux coups de cœur ainsi que les commentaires.

Il est toujours intéressant de voir les différentes interprétations faites. Mon objectif final était d'évoquer un pendu mais sans doute ai-je été trop vague 🙂  

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ouintenabdel

Tristement beau. Une campagne morne, triste à pleurer. On sent l’influence indubitable de Paul Verlaine. Le titre : «  Campagne saturnienne », le 2e vers de la 3e strophe « Parfois, un triste village émerge de ces mélancoliques étendues. », où l’on retrouve deux titres des poèmes saturniens : « paysages tristes » et « mélancholia, tout montre que des réminiscences verlainiennes ont guidé votre plume au moment où vous écriviez votre très beau poème.

La métaphore in absentia « Des balafres bitumeuses déchirent les coteaux dénudés », assimilant  les routes creusées à flanc de coteau à des blessures noires infligées à l’espace bucolique est très réussie.

Bravo.

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Gabriel Montigny

C'est un texte intéressant dans le sens où il n'est absolument pas descriptif. Chaque élément du texte est ici sciemment  "mis en scène" dans une série de personnalisation destinées à susciter chez le lecteur un "effet".

Que vous ayez finalement manqué votre pendu est à mon sens une indication qu'il fallait aller peut être au bout de la démarche, et radicalement le décrire avec profusion d'effets dramatiques comme dans les strophes précédentes.

Il ne s'agit ici, évidemment, pas d'un conseil mais d'un ressenti, d'auteur à auteur, qui mains dans le cambouis, discutent mécanique.

  • Merci 1

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