Jump to content
Julien Ertveld

Le vol de vieux hibou

Recommended Posts

Julien Ertveld

Les néons éclatants

 

Illuminaient la rue

Et les pavés luisants

Rappelaient l’eau des nues

 

Une lune blafarde

Que des nuages lourds

Laissant traîner leurs hardes

Nous masquaient tour à tour

 

Dispensait sa clarté

Sur la ville et les gens.

Un hibou effaré

S’envola, hululant.

 

Que faisait-il donc là ?

Égaré, fuyait-il

Un quelconque grabat

De magicien sénile ?

 

La lumière l’éblouit

Il s’affole, monte

Vers l’abri de la nuit

Qui cachera sa honte

 

Mais la lumière suit

Ses ailes plus lourdes,

Il recherche la nuit,

Mais la nuit est sourde

 

Un arbre éblouissant

En son sein l’accueille,

Ami le protégeant

De l’abri de ses feuilles

 

Et le hibou lassé

Un instant réfléchi

A tous ses jours passés

A ce que fût sa vie.

 

Il naquit en forêt

Mais la ville vint saisir

Le pays qu’il aimait

Alors, il dut partir !

 

Pourtant devenu vieux

Il a voulu revoir

La forêt de ses jeux

Pour dernier au-revoir.


 

Avant de s’éloigner

Vers des rivages noirs

Il avait décidé

De partir dès ce soir.

 

D’abord épouvanté

Par tant et tant de feux

Il voulut retourner

Mais revint en ces lieux

 

Et surmontant sa peur

Il a pris son essor

Et vola jusqu’au cœur

De l’horrible condor

 

Il ne reconnaît pas

Sa natale forêt

Il ne reconnaît pas

Les doux lieux qu’il aimait

 

Que des hommes virils

Cultivaient, moissonnaient.

Et la grande ville

Pauvre moisson d’étais,

 

Envahit maintenant

Bosquets, prés et futaies.

Le béton goulûment

Chaque jour les prenait.

 

Alors, le vieux hibou

Ne reconnaissant rien

Éblouis, rendu soûl

De lumières et chagrins

 

Heurtant un réverbère

Choit… La Lune pâle

Doucement éclaire

Un vieux hibou qui râle.


 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jeep

Illustration de la disparition de la biodiversité.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Gabriel Montigny

Il y a de la fable en cela. Et la fable n'est pas exempte de morale sociale.

 

Et ce béton mortifère qui mange jusqu'au souvenir de la nature.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Gilliatt

Bonsoir @Julien Ertveld , j'ai aimé ce poème où tranquillement se déroule la tragédie de ce vieux hibou symbolisant l'innocence des êtres intègres face aux excès et aux mensonges d'un progrès saisi de démence. bravo !  ❤️

Share this post


Link to post
Share on other sites
Eathanor

Parfois, les vieux hiboux doivent savoir s'effacer. Malheureusement, ce n'est pas toujours pour le meilleur...

Share this post


Link to post
Share on other sites

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

×
×
  • Create New...