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Le temps venait d'agripper l'existence


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Maxence

Le temps venait d'agripper l'existence
Et la tirait par sa tête et son essence
Vers sa grande cage, l'horloge ;

Cette boîte où tous les oiseaux veulent sortir
Mais où seuls les corbeaux volent pour dire "Mourir"
En me suivant, moi, me promenant sur l'Orge.

 

Ils poussent la chansonnette comme on le ferait
Devant ses parents, dans un cercueil,
Immortalisé dans un instant paisible coupé
Entre les feuilles d'acacia et des tissus de linceuil.

Je sentais, peu à peu, lentement, sonner
Les hurlements du berceau sur le seuil.
C'était là. Un enfant qui devait exister
Et qu'on sortait de son sommeil, seul.

 

Edited by Maxence J.
  • Aimé 4
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Jeep

En lisant votre poème j’ai pensé à Arthur Rimbaud puis à Jean-Pierre Duprey, mais non finalement votre ton est original et vertigineux.

  • Merci 1
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Filae77
Le 02/07/2019 à 04:15, Maxence J. a dit :

Le temps venait d'agripper l'existence
Et la tirait par sa tête et son essence
Vers sa grande cage, l'horloge ;

Bonjour @Maxence J.  un cœur pour ce très beau poème à la beauté déchirante. le mot qui me vient à l' esprit est souffrance ,(mais ce mot n’apparaît pas.)=

En corrélant les 2 premiers vers   ->   Le temps venait d'agripper l'existence + tirait par sa tête 

et le dernier                                        ->    Et qu'on sortait de son sommeil

 

l' impression d' un être qui se refuse à la vie  à tel point q'il faille l' extirper  ( Or, la naissance est plus résultat d' une poussée que d' une extraction

normalement) Par ailleurs et du reste une fois né, il sera la proie du temps, ce qui est le lot commun.

Et je ne sais pas qui a relevé que s' agissant d' une naissance, le champ lexical est plutot celui de la mort.(et on a même linceul en vieux Français)

et il y a ce magnifique 'C'était là'placé à cet endroit,  on pourrait aussi corréler  horloge avec sonner  de la dernière strophe,(etc....)

Pour ma part , je trouve ton texte sublime, et m' étonne qu'il n' ait pas été plus commenté.

 

  • Aimé 1
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Il y a toujours chez vous cette puissance de l'image. elle est faite d'un surgissement qui porte toute votre poésie. On y sent les vagues qui viennent du tréfonds dans une cosmogonie qui envoûte l'éther d'une langue maîtrisée.

 

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