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Gabriel Montigny

5 haïkus suivis d’un entretien avec l’auteur…

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Gabriel Montigny
Posted (edited)

Premier
haïkuku

la praline


Second
haïkuku

sur la commode

 

Troisième
haïkuku

bordé de nouilles

 

Quatrième
haïkuku

de poule

 

Cinquième
haïkuku

de basse fosse

 


Gabriel Montigny

 

Propos recueillis lors d’un entretien de la journaliste Anne St Cratyle (Poésie d’Avant Garde) avec l’auteur alors qu’il se repose dans une maison de santé dans le sud de la France:

 

A. ST.C:
-Vous venez de publier aux éditions Caïman et Fils un recueil qui a fait grand bruit dans le milieu de la poésie, intitulé « Haïkukus N’est Ce pas?  » préfacé par Antoine Sigismond de la Rivaudière… Est ce un tournant dans votre œuvre?


Gabriel Montigny
– Oui on peut le dire.

 

A. ST.C:
– On retrouve dans ce recueil cette verve caractéristique de vos derniers écrits et ce soucis constant, on pourrait dire obsessionnel, d’une remise en cause à la fois formelle et fondamentale d’un genre, j’allais dire d’un archétype, comme dans votre poème fameux « Les Pipeaux Du Structuralisme>>, qu’est ce qui est à l’origine de cette démarche ? Est ce une critique feinte d’un certain orientalisme de pacotille? Ou d’une propension de l’occident à s’approprier des formes exogènes, culturellement parlant, comme une forme déguisée d’un l’impérialisme qui tairait son nom?

 

G.M.:
– Non…

(Silence gêné du poète…ndlr)

G.M.:
–… Vous savez je suis parti du ku. Dans l’haïku, c’est le ku qui m’intéresse. En fait le ku est partout vous savez, dans les magazines, au cinéma, dans la publicité, dans les pharmacies… On peut dire que je suis obsédé du ku… Mais le paradoxe de mon écriture dans ce recueil là, c’est justement la désérotisation du ku et la mise en exergue d’un ku trivial, un ku quotidien, un ku banal. Au fond…euh.. je dirai que c’est mon ku. Je veux dire la vision de mon ku, mon ku personnel en quelque sorte, et si je puis dire, mon ku est bancal…

 

A. ST.C:
– Vous vous éloignez de la forme canonique…

G.M.:
– Je vous coupe tout de suite, si vous me le permettez, le concept même de forme canonique est absurde. En poésie, par exemple le haïku était à l’origine, dans le Japon du XI ème siècle, composé de trente-et-une syllabes en deux strophes… etc…(grande agitation du poète qui remue les mains comme Malraux, ndlr) Les formes canoniques n’existent que dans la mesure de leur durées propres, on ne va pas refaire Hernani, mais la querelle entre les Anciens et les Modernes m’a coûté mon internement ici, et l’haikuku est en soi une forme canonique. Si mon ku est canon, j’attends de la jeune génération des poètes qu’elle le détruise… Ils n’ont qu’à tuer le père, tous ces jeunes cons…

 

A. ST.C:
-… Euh.. Vous semblez aussi vous éloignez d’une certaine musique qui a fait votre réputation, on se souvient de l’article élogieux de Michel Houellbecq paru dans le Monde des Arts:  » Montigny, l’euphonie pastorale« ?

G.M.:
– Ah oui… Michel… Il est gentil Michel… au début je l’aimais pas … je l’ai même traité de con… on en rit en semble aujourd’hui…mais la révélation… ça a été ce bouquin…là.. qu’ils ont écrit à deux, avec BHL… je dirai que par contraste, Michel m’est apparu très sympathique, puis on s’est rencontré fortuitement à un coktail, c’était
au comité de soutien pour la réunification de l’Abkasie ou de l’Ossetie, je sais plus… on était torché…je vous dis pas…à la fin on a parlé de nos mères et on était en pleurs… c’était très beau… je crois même que Match a publié des photos…

 

A. ST.C:
– …euh… oui..mais la musique? La musique de vos vers est moins une priorité…non?

G.M.:
– Je ne suis pas d’accord avec vous, je trouve que mon ku sonne, j’oserai même dire que j’ai le ku qui pète, certes d’une musique rauque, plus gutturale, mais bon dieu, ça résonne peut être pas en vous? Bien que vous portiez admirablement bien la mini-jupe…
(Fin de l’entretien, ndlr)

——————–

Edited by Gabriel Montigny
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Diane

Trop désopilant Gabriel ! 

décidément aucun genre ne vous échappe

et jamais ne finit en haiku de sac 🙂

 

Moi qui suis assez fan de japoniaiseries

je tâcherai d'en placer quelques unes 

sur ce site 

loin d'être fréquenté par des haikus terreux ^^

 

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Julien Ertveld

Et connaissez-vous les haikous-roucoucou d'paloma?

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Joailes

Comme quoi il ne faut jamais poéter plus haut qu'un haïkuku je l'ai toujours su. 

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Eathanor

De l'art de ne se pas se prendre trop au sérieux.

Vous semblez aimer le pratiquer et c'est plutôt réussi 🙂 

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Yguemart

@Gabriel Montigny Je verrais bien tout une pièce de théâtre avec cet humour et cette distance vis-à-vis de tout sérieux. J'aime beaucoup le ton de cet écrit.

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Muriell

Quelles belles acrobaties ! 

Je vous trouve par ce texte d'une grande modestie, parce que pour vous lire je me doute que vous savez trés bien écrire des Haïkus, mais vous vous avez choisi de nous amuser et c'est une réussite. On ne peut s'empêcher de rentrer dans votre jeu et de chercher des jeux de mots... (Je vous épargnerai les miens) un grand bravo et merci.

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Gabriel Montigny
Le 30/04/2019 à 17:10, Diane K. a dit :

Trop désopilant Gabriel ! 

décidément aucun genre ne vous échappe

et jamais ne finit en haiku de sac 🙂

 

Moi qui suis assez fan de japoniaiseries

je tâcherai d'en placer quelques unes 

sur ce site 

loin d'être fréquenté par des haikus terreux ^^

 

@Diane K.

 

Quel feu d'artifesses ! 🙂  Vous semblez maîtriser le ku à merveille! Continuez! ^^

Le 30/04/2019 à 18:53, Julien Ertveld a dit :

Et connaissez-vous les haikous-roucoucou d'paloma?

@Julien Ertveld

C'est une variété rares, qu'on ne trouve qu'en Allemagne, par des poètes hésitants qui font des poésies à teutons, heu, je veux dire à tâtons 🙂

Le 30/04/2019 à 20:30, Joailes a dit :

Comme quoi il ne faut jamais poéter plus haut qu'un haïkuku je l'ai toujours su. 

@Joailes Prudente mise en effet,  sinon les effets peuvent être sonores et trébuchants, et la confusion serait totale.

Le 01/05/2019 à 19:00, Eathanor a dit :

De l'art de ne se pas se prendre trop au sérieux.

Vous semblez aimer le pratiquer et c'est plutôt réussi 🙂 

@Eathanor

Se moquer de soi même est plus qu'une vertu, c'est un exercice quotidien que je m'applique avec l'obstination d'un jésuite, entre l’aïoli et Loyola.

^^

 

Le 01/05/2019 à 21:28, Yguemart a dit :

@Gabriel Montigny Je verrais bien tout une pièce de théâtre avec cet humour et cette distance vis-à-vis de tout sérieux. J'aime beaucoup le ton de cet écrit.

@Yguemart

Une pièce, certes mais d'artillerie, pour le moins.

Le 01/05/2019 à 23:05, Muriell a dit :

Quelles belles acrobaties ! 

Je vous trouve par ce texte d'une grande modestie, parce que pour vous lire je me doute que vous savez très bien écrire des Haïkus, mais vous vous avez choisi de nous amuser et c'est une réussite. On ne peut s'empêcher de rentrer dans votre jeu et de chercher des jeux de mots... (Je vous épargnerai les miens) un grand bravo et merci.

@Muriell

il me serait difficile de vous répondre sans développer une longue évocation de mes rapports avec la poésie japonaise. Rapports complexes et difficiles tant mon écriture naturelle me porte au lyrisme plutôt qu'à l'instant de vérité absolue et dépouillé de toute afféterie qui caractérise la poésie nippone. Ce texte est écrit pour tourner mes tourments en dérisions dans un but de dédramatisation de l'acte d'écrire, tentation qui est chez moi fréquente et dont je dois me moquer pour  réussir à prendre de la distance.

  La pertinence de vos remarques m'ont éloigné du ton gaudriolesque. Je me rattrape en citant ce haïku :

 

Le vent du printemps
Découvre les fesses
Du couvreur

Kobayashi Issa (trad. M. Coyaud)

 

 

Ça vous apprendra à me dénuder l'âme 😄

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