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Gabriel Montigny

Nous craquons juste des allumettes

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Gabriel Montigny

Rien ne saurait remplacer ta chaleur 

Dans les chairs je ne vois que ton absence

 

Je suis Prométhée voleur de feu, danseur sacré

je t’offre la canopée

fruit de mes entrailles

 

De ces jambes forêts sans racine

ne restent que des écorces vides

 

C’est la braise de nos mots

le silex de nos phrases qui feront briquet

du brasier

 

Ces fleurs vénéneuses entrevues 

sous l’étole des tissus moqueurs

sont nos humus fertiles

 

Les larmes de nos ventres pleurent de plaisir

du quotidien dévoyé de nos rires

qui mordent le temps, au sang…

 

Et le regard qui respire ne fait que s’inspirer

pour former l’épure qui nous fait nous aimer

 

Encore un peu de vent

qui soulève les robes

de celles qui

ne t’arrivent pas à la cheville

 

Encore un peu de sang

pour nourrir le langage

qui défait les corsages

en un rien de temps

 

Nos corps ont perdu depuis longtemps

leur sagesse

au profit des coups de sang

des coups de fesses

corps devant, corps de liesse

corps serrés de cambrures 

 

Ces images ne sont que le lien

qui unit dans son cri le souffle rauque

de nos âmes insoumises

éperdues d’absolu

droguées d’emphase

 

Demain le printemps accouchera 

d’un autre été de saveurs

 

Pour toi ma bien aimée

je repartirai en chasse

pour que s’enlacent

la trame impossible de nos rêves croisés

le drame impossible de nos destins crachés

dans ces flammes paisibles

à l’innocence violée

 

Ils ne servent qu’à tisser l’écheveau cavalier

de sillons rectilignes

qui conduisent tous au point de fuite 

que l’horizon promet

 

Alors le temps peut couler ses jours heureux

nous ne vieillissons pas sous son harnais

nous craquons juste des allumettes……

  • Aimé 6

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Joailes
Il y a 3 heures, Gabriel Montigny a dit :

C’est la braise de nos mots

le silex de nos phrases qui feront briquet

du brasier

Votre écriture est décidément très à mon goût ! Chaque mot est judicieusement choisi ... 

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Gabriel Montigny

Merci de votre passage attentif. Si ce texte trouve écho, ne serait ce que d'une âme, il valait d'être mis au monde.

  • Aimé 1

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Frédéric Cogno

La lumière est en nous mais reste infirme. Joli texte pour les drogués d'emphases.

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Muriell

J'aime le paradoxe entre la rigueur et la précision de la forme et la passion, le propos fougueux et sans compromis nous dévoilant cet amour dont j'ai le ressenti qu'il est pour l'auteur unique et essentiel. Merci, j'ai beaucoup aimé.

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Marc
il y a une heure, Gabriel Montigny a dit :

Si ce texte trouve écho, ne serait ce que d'une âme, il valait d'être mis au monde.

La mienne est alors certainement la deuxième ! Il est des poèmes que l'on aurait aimé écrire soi-même et celui-là en fait partie.

Je vous remercie profondément pour ce moment de beauté qui m'a profondément touché.

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Diane

Il est des instants où jouer avec le feu procure des frissons de fièvre..

 

Ecriture forte comme à votre habitude.

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Gabriel Montigny
Le 21/04/2019 à 11:15, Frédéric Cogno a dit :

La lumière est en nous mais reste infirme. Joli texte pour les drogués d'emphases.

@Frédéric Cogno oui, infirme des possibles cette lumière ne se peut raviver que dans les feux d'un chant qui veut brûler encore. On ne se drogue que par désespoir.

Il y a 23 heures, Muriell a dit :

J'aime le paradoxe entre la rigueur et la précision de la forme et la passion, le propos fougueux et sans compromis nous dévoilant cet amour dont j'ai le ressenti qu'il est pour l'auteur unique et essentiel. Merci, j'ai beaucoup aimé.

@Muriell Unique, essentiel, perdu, retrouvé agonisant et ravivé dans l'aquarelle des mots juste avant de disparaître peut être, qui sait. Blessure infinie qui nourrit mon écriture. Merci de l'avoir senti.

Il y a 23 heures, Marc a dit :

La mienne est alors certainement la deuxième ! Il est des poèmes que l'on aurait aimé écrire soi-même et celui-là en fait partie.

Je vous remercie profondément pour ce moment de beauté qui m'a profondément touché.

@Marc Ô Marc, vous me complimentez plus que de raison. Je crois que vous savez ce qu'aimer veut dire, et qu'on veut crier, au delà de l'entendement.

Il y a 19 heures, Diane K. a dit :

Il est des instants où jouer avec le feu procure des frissons de fièvre..

 

Ecriture forte comme à votre habitude.

@Diane K. J'ai joué, je me suis brûlé dans cette fièvre qui depuis ne m'a jamais quitté. Dieu fasse qu'elle ne me quitte jamais.

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Outrehorizon

Il y a de si belles images inattendues, vos vers claquent comme autant de coups de fouet, et un rythme à damner le diable lui-même s'il existe.

Il y a encore une puissante sensualité qui semble vaincre l'écoulement du temps, et la mort se casse la figure.

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Gabriel Montigny
il y a une heure, Eathanor a dit :

Gabriel, je ne trouve pas les mots qui conviendraient le mieux pour vous dire combien ce poème me séduit. Je vous le dis donc très simplement : j'ai aimé. Je reviendrai vous déposer un cœur dès que possible.

@Eathanor Merci de votre commentaire, merci beaucoup.

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Mohè

Si j'avais pu mettre les 10 coeurs sur ce poème, je l'aurais fait sans doute. Sans vouloir être dythirambique, j'ai tout aimé - surtout le début et la fin. 

Ce doit être ma faiblesse pour les forêts les canopées le feu les racines les chevilles la danse... Ahah. 

Un grand coup de cœur ! 

  • Aimé 1

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Gabriel Montigny
Le 22/04/2019 à 15:50, Outrehorizon a dit :

Il y a de si belles images inattendues, vos vers claquent comme autant de coups de fouet, et un rythme à damner le diable lui-même s'il existe.

Il y a encore une puissante sensualité qui semble vaincre l'écoulement du temps, et la mort se casse la figure.

@Outrehorizon Merci à vous de sentir si bien mes intentions. En effet le rythme est ici un des enjeux majeurs du poème.

Il y a 21 heures, Mohè a dit :

Si j'avais pu mettre les 10 coeurs sur ce poème, je l'aurais fait sans doute. Sans vouloir être dithyrambique, j'ai tout aimé - surtout le début et la fin. 

Ce doit être ma faiblesse pour les forêts les canopées le feu les racines les chevilles la danse... Ahah. 

Un grand coup de cœur ! 

@Mohè Je suis touché par votre enthousiasme,  et j'aime à penser au chemin que mon poème a fait  en vous, ce "ressenti" qui s'exhale.

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