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Pierre Brandao

Et puis le silence

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Pierre Brandao

Et puis le silence

 

Cape sombre sur les épaules

Me recouvre de bas en haut

Du cœur

Suffoquant le palpitant des pensées

Non     par    ta     gées.

 

Et puis le silence

 

Linceul vicié sur les froidures

M’empoisonne les lèvres

Écho muet

Tombé sur le trottoir de l’abandon

So     li     tu     de

 

Et puis le silence

 

Vacarme de calme sur les non-dits

M’entoure me prend me vole

Éclat de rien

Brisure de larme jamais consommée

É    cla     bous   sure…

 

Et puis

 

ce silence…

 

(extrait de "Le coeur a ses saisons", Poèmes de Pierre Brandao et photos de Michel Bourriau, Ed. Edi'lybris, 2014)

 

  • Aimé 4

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Eathanor

Comme d'habitude, je ne suis guère doué pour faire ici une analyse de texte détaillée. Je me contente donc plus humblement de dire que j'ai aimé la mise en forme et cette allitération qui éclate silencieusement en deux à la fin.

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Guest

Je vous trouve des talents d'architectes, une superbe construction qui met en évidence ce vacarme intérieur que font les émotions. Bravo et merci.

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Tristamourir

J'aime bien la forme originale de ce poème qui cherche poétiquement à exprimer de profonds tumultes intérieurs. 

Edited by Tristamourir

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Myrtille

Le silence existe-il ?  peut-être seulement lors du sommeil, et encore certains rêves sont bruyants. Très beau poème, et félicitations pour ces syllabes qui enfoncent le clou, non le silence n'existe pas.

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Seawulf

 

Il y a 21 heures, Pierre Brandao a dit :

Brisure de larme jamais consommée

É    cla     bous   sure…

 

Et puis

 

ce silence…

Je partage le ressenti de Muriell. Cet extrait est magnifique.

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Papy Adgio

Le terme d'architecte utilisé par Muriell me plaît bien. C'est effectivement ce qui m'a plu dans votre texte, ces mots qui se lient aux mots pour construire un sens solide au silence qui revient. Ce texte est véritablement magnifique. Merci à vous.

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Pierre Brandao
Le 19/03/2019 à 00:13, Eathanor a dit :

cette allitération qui éclate silencieusement en deux à la fin

J'ai tenté de personnifier le silence par "ce silence", car il s'adressait à un moment particulier de ma vie... J'imagine aisément que chacun d'entre nous l'a vécu à bien des égards... Merci @Eathanor

 

Le 19/03/2019 à 00:24, Muriell a dit :

Je vous trouve des talents d'architectes, une superbe construction qui met en évidence ce vacarme intérieur que font les émotions

Ouf !!!! vous me flattez, @Muriell ! le terme architecte revêt une connotation qui me fait rougir ! ça me donne envie de créer un mot-valise : l'archipoète... Qu'en pensez-vous ? Ne le sommes-nous pas tous un peu ici ? 🙂 quand au vacarme intérieur qui provoque l'émotion, vous l'avez parfaitement compris... voire ressenti...

 

Le 19/03/2019 à 02:20, Tristamourir a dit :

J'aime bien la forme originale de ce poème qui cherche poétiquement à exprimer de profonds tumultes intérieurs. 

À l'instar de @Muriell, vous évoquez les troubles à l'origine de ce poème. Merci d'avoir su comprendre l'angoisse de ces silences...

 

Le 19/03/2019 à 14:22, Notabene a dit :

Surprise au départ par ces mots éclatés, je leur ai trouvé, après un temps d'adaptation, une grande puissance émotionnelle. C'est une très belle trouvaille!

En fait, @Notabene, ce poème avait été lu à l'occasion d'un récital, et la nécessité de détacher les syllabes m'est apparue naturellement. Dans le recueil, ce détachement ne figure pas, et c'est bien dommage ! La puissance du mot écartelé est telle qu'elle m'apparait absolument nécessaire pour marquer la force du sentiment, de la révolte, m'ayant obligé à poser les vers sur le papier... Grand merci à vous d'avoir pris le temps d'explorer ce poème ! 

 

Il y a 20 heures, Myrtille a dit :

Le silence existe-il ?  peut-être seulement lors du sommeil, et encore certains rêves sont bruyants. Très beau poème, et félicitations pour ces syllabes qui enfoncent le clou, non le silence n'existe pas.

J'apprécie beaucoup votre analyse, @Myrtille, tout comme le fait qu'effectivement certains rêves sont si bruyants qu'ils nous réveillent et nous poussent à noircir la page ! Quand au clou qui enfonce le silence, c'est tout un programme !

 

Il y a 18 heures, Seawulf a dit :

Je partage le ressenti de Muriell. Cet extrait est magnifique.

@Seawulf, je vous remercie grandement ! Le mot "magnifique" est une très belle récompense pour ce poème douloureux !

 

Il y a 18 heures, Papy Adgio a dit :

Le terme d'architecte utilisé par Muriell me plaît bien. C'est effectivement ce qui m'a plu dans votre texte, ces mots qui se lient aux mots pour construire un sens solide au silence qui revient. Ce texte est véritablement magnifique

@Papy Adgio, je suis très sensible à votre commentaire ; je vous remercie grandement d'avoir pris le temps de vous plonger dans ce silence particulier. 

 

 

 

 

 

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