Jump to content
Seawulf

Mon enfant

Recommended Posts

Seawulf

Mon enfant…

« On dit ceci, on dit cela ;

mais c’est l’âme qui suit un tout autre chemin.

On ne sait pas tout ce que l’on déchaîne.

Je suis venue ici avec ma petite lampe…

Elle ne s’est pas éteinte malgré le vent dans l’escalier…

Au fond, que faut-il en penser ? »

Maurice Maeterlinck

 

Mon enfant à quoi songes-tu ?

Tes yeux de sel se craquellent

Ta bouche se désénerve

Devant l’inobservable…

Mais te dis-tu, il n’est jamais trop tard

Pour poser son sac, là ou ailleurs,

Qu’importe ! S’étirer, panser ses maux

Rejaillir et frémir de frissons frissonnants

Endiabler son regard d’une lueur

Faire cesser la fêlure, cautériser

A la cire et porter une ombre

Sur le passé, d’une longue main noire

Inconsolable de sueur poisseuse ;

Vomissures qui installent le temps

Dans le présent antérieur…

 

Mon enfant à quoi songes-tu ?

A l’ombre fuyante, désarticulée

Qui se perd en rubans déchirés!

Distance extrapolée, immatérielle,

Qui agonise au pied des stèles

Inhumaines d’humanité naissante

Enfouies dans le cortex de l’histoire

Éteules fuligineuses…

Marquants indélébiles qui flambent

Au soleil froid des hivers chauds…

 

Mon enfant à quoi songes-tu ?

Enchâssée à une déferlante spectrale

Ton ombre s’échappe du fantôme.

Desquelettisée, elle tombe…

De jaspe, harassée, elle se relève…

Allez comprendre ! Allez savoir !

Ce que nous réserve certains jours

Plus clairs que d’autres, trop blancs,

Au matin noir de nos insomnies.

 

Edited by Seawulf
  • Aimé 5

Share this post


Link to post
Share on other sites
Guest

Je le lis et le relis et je l'aime encore plus à chaques lectures votre poème  ! 

Un ressenti angoissant, une ambiance pesante soulagée par cette tendresse que sont vos mots, un grand merci.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Pierre Brandao

C'est un poème très fort, qui comporte des images particulièrement frappantes : "les éteules fuligineuses" notamment m'interpellent : associer le chaume, -qui ramène à la terre- et la noirceur provoquent un frisson d'effroi... La chair de poule, vous disiez ?

  • Merci 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Margueritte C.

Oui, les nuits d'ébène sont là pour porter nos désespoirs et les journées d'ivoire enluminer, parfois, souvent, notre cerveau.

  • Merci 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Cisco

On frémit pour cette enfant, mais qui sera sera. 

  • Merci 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Seawulf

Un grand merci à toutes et tous pour vos lectures, commentaires et cœurs.

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Frédéric Cogno

Je suis charmé. Une lecture et puis une seconde et  progressivement le poème prend son sexe, se caractérise, s'épanouit. Quelle intensité et quelle richesse! Les images sont ici flamboyantes . Bravo!

Edited by Frédéric Cogno
  • Merci 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Seawulf

Merci beaucoup Frédéric pour la lecture et le commentaire.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

×
×
  • Create New...