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Au pied de l'Hindou Kouch


Seawulf
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La terre s’effrite…lentement

(TV Tower Hill, Kabul)

 

Poussières de poussières

au cœur de la terre

humaine d’hommes poussiéreux

fantômes de sables

terrestres de terre

 

Habillés de sépia

à la terre chargée de tout

de rien

le temps s’étale

entre hier et demain

 

Inaccessible aux yeux voilés

pluie asséchée

ne voulant pas mourir

s’accrochant aux linges blancs

aux linges bleus

 

Hommes et femmes

femmes et hommes

effacés en mouvement

cicatrisés de lumière

nidifiant l’ombre

instable

 

La terre rencontre la terre

d’où les mains émergent

d’où les yeux  s’éveillent

 

Leurs pas progressent

et la terre les suit

jusqu’à les coucher

lorsque

leurs âmes fatiguées

prient

d’arrêter leur errance

improbable

 

De venir les délivrer

les emporter doucement

vers un rêve bleu

qui écrirait demain

comme le ferait

le murmure d’un enfant

ouvrant les yeux.

 

 

Les enfants de terre…

(Zanabad, Kabul)

 

Les enfants de terre

sortent de terre

coulée de lave

Maisons cubiques

façonnées par la main de terre

de l’homme terreux

 

Les enfants de terre

naissent en terre

Fourmilière

vomissant l’humain

grouillant

dans la poussière

de terre

 

Les enfants de terre

ont les yeux noirs

du charbon qu’ils n’ont pas

les mains sales

de l’eau qu’ils n’ont pas

les tissus usés

de la pauvreté

dont ils héritent

 

Les enfants de terre

sont des petits guerriers

de vie

 

Ils portent des fardeaux

plus gros que leurs petits corps

Ils ont le visage des adultes

sourient si peu

sont préoccupés

Ils faut ouvrir les yeux demain !

 

Les enfants de terre

n’ont pas l’âge de leur jeunesse

les enfants de terre

ont les yeux tristes

de ceux qui se savent

damnés

 

Les enfants de terre

sont le sel de la vie

ils se battent silencieusement

loin des bonnes intentions

des beaux messieurs

au langage policé

encanapés dans les salons

d’Occident ou d’ailleurs.

 

Les enfants de terre

ont faim ; ils ne crient plus !

 

Les enfants de terre

ne communiquent pas

avec des téléphones

Ils parlent avec leurs yeux

aux yeux de leurs semblables

déterrant les doutes

qui font venir les larmes

 

Les enfants de terre

sont des soldats d’Espérance

Et les adultes les voient

comme des enfants déjà devenus grands

eux qui sont hauts comme trois pommes

 

Les enfants de terre

sont des filles

des garçons

Leurs maisons n’ont ni porte ni fenêtre

Elles sont ouvertes

sur d’autres maisons ouvertes

Entre la terre de la maison et la maison de terre

il y a les enfants que l’on enterre

et les adultes qui retournent si jeunes 

à la poussière

 

Les enfants de terre

n’ont plus de larmes

La terre a tout absorbé !

DSC_0184.jpg

Modifié par Seawulf
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