Eathanor

Requiem sur des accords urbains

Messages recommandés

Eathanor

Morne matin dans les sombres tunnels du métro ;

Les morceaux de viande s'entassent à en crever.

Des odeurs de sueurs de quelques porcs oubliés

Se marient aux parfums des bourgeois dévots.

 

Des traînées séchées de vieille vinasse au sol

Dans lesquelles viennent traîner des pas égarés ;

Une canette vide de soda roule entre les pieds.

Les regards anonymes baignent dans le formol.

 

Des doigts glissent sur des écrans lumineux

Et les yeux enfilent leur costume de cécité.

Le mendiant bute sur les cannes décolorées.

Il trébuche sur le souvenir de jours heureux.

 

Assis parmi tous ces bagnards du quotidien,

Je m'embusque derrière mon mur sonorisé ;

Musique électronique en infinies mélopées

Pour un requiem sur des accords urbains.

  • Aimé 4

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Papy Adgio

Je n'ai pas une grande pratique de ces joies urbaines (!) mais j'ai vraiment ressenti le malaise que je ressens lorsque je suis contraint de transiter ainsi. Votre texte est très beau et très bien rythmé : une réussite, quoi ! Mais je n'ai plus de coeurs à  distribuer.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Frédéric Cogno

Vous avez l'oeil pour capturer ces désespoirs urbains.En vous lisant l'air s'est soudainement raréfié envahi par cette puanteur obscure.

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Stephane94

Coup de coeur, à nouveau. Et oui, il semblerait que nous abordions les mêmes thèmes mais avec un style différent. Le vôtre me paraît plus visuel (d'après ce que j'ai pu lire de vous jusqu'ici), alors que le mien est plus éthéré. Le traitement n'est donc pas le même et c'est justement ça que je trouve passionnant : traiter des mêmes choses avec des écritures différentes. Je voudrais d'ailleurs tendre vers une conception plus visuelle des choses en étant plus précis dans les descriptions et les tableaux que je dresse, raison pour laquelle j'aime précisément vos poèmes. Mais il est vrai aussi que j'ai une propension à m'évader assez rapidement en employant des effets détournés...

 

Au plaisir de vous lire, @Eathanor 🙂

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
joailes

Nous revoilà dans les dédales sombres et puants des couloirs du métro, ambiance "Creep" assurée : revoilà du pur Eathanor ! 😉 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Abid44

Peindre le sordide en toute beauté et avec brio. 

Une gageure pas toujours aisée, le malaise cérébral cependant est garanti tout en laissant la place à une certaine sensation de bien-être sitôt la lecture terminée.

Merci pour le partage. 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Notabene

A force de te lire, je ne peux m'empêcher de me demander si tu aimes ta vie parisienne!

Beau requiem sur de beaucoup moins beaux accords urbains 😉

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Yguemart

@Eathanor J'étais à Paris, hier, pour le travail et j'ai pris le métro. Tu m'y as replongé, alors que je suis à demi-assis dans mon lit. Je ne te remercie pas 😉 . Un texte réaliste et efficace.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
ouintenabdel

La ville moderne et ses scènes pathétiques semblent être votre thème de prédilection.

Une écriture très violente mais néanmoins belle qui dépeint avec brio la misère des scènes urbaines.

Un regard guère tendre sur l’espace urbain. En tout cas, vous n’y allez pas avec le dos de la cuiller. Un véritable pamphlet contre la vie moderne et ses effets pervers. Les passagers du métro, ce ne sont que des morceaux de viande. Ces porcs humains sentant le vin…  Et j’en passe et des meilleurs. Bravo

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Eathanor
Il y a 14 heures, Notabene a dit :

A force de te lire, je ne peux m'empêcher de me demander si tu aimes ta vie parisienne!

C'est très ambivalent. Lorsque j'avais la vingtaine, la réponse était oui sans l'ombre d'une hésitation.

À (presque) 45 ans, je continue à apprécier la beauté de ma ville mais plus les années passent, plus le rythme de vie et la foule m’insupporte. Je serai le plus heureux des hommes en Bretagne, idéalement sur la côte mais je me dois de composer avec ma femme qui est une indécrottable parisienne.

 

Merci pour tous vos généreux retours.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Notabene
Il y a 2 heures, Eathanor a dit :

Je serai le plus heureux des hommes en Bretagne, idéalement sur la côte mais je me dois de composer avec ma femme qui est une indécrottable parisienne.

 

On a le même rêve... Moi, je dois composer avec un mari qui aime la chaleur, c'est mal barré pour la Bretagne:classic_mellow:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fleur de poème

Votre texte très réaliste ne nous épargne rien de cette promiscuité des transports en commun où les personnes entassées sont comme du bétail, les odeurs de toutes sortes transpiration, haleine avinée tout y est, tout est le reflet de ce que vivent quotidiennement " les forçats du travail " déshumanisés.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites