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Contre la poésie

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Guest

Je viens de lire ce texte pour le moins décapant.

http://dormirajamais.org/contre/

 

Qu'en pensez-vous ?

 

L'auteur s'en prend essentiellement à ses contemporains, mais s'ils ont jeté les codes aux orties, si j'en crois le peu que j'ai pu en lire, les nôtres (de contemporains) ont fait encore plus fort dans le registre dénoncé par ce pamphlet. 🙄

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Frédéric Cogno

Le texte dénonce la poésie dans ce qu'elle a de plus élitiste, hermétique, froide et universitaire...ce n'est plus de la poésie mais un exercice pour des vérsificateurs maniaques et arrogants.

Au contraire qu'elle soit en vers, en prose, ce qui compte c'est l'émotion qu'elle pourra offrir. Accessible aux plus humbles dans la rue, dans les écoles, dans les bordels mêmes...

Hugo écrivait en vers et en prose.

Il reste d'actualité parce que classique il a su se mettre à la portée de tous...

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Guest

D'accord avec ta première phrase concernant la poésie contemporaine où un petit cénacle d'universitaires s'emploient à sodomiser les diptères.

 

Pour ta seconde, je pense comme l'auteur del'article.

"Lorsqu’un homme s’exprime avec naturel, c’est-à-dire en prose, son langage embrasse une gamme infinie d’éléments qui reflètent sa nature tout entière"

Ce que le grand public aime chez Victor Hugo, ce sont "Les misérables" et non la "Légende des siècles" que perso je trouve barbifiante et qui n'est lue que par les élèves contraints de préparer un exposé sur le sujet.

 

 

 

 

 

 

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Notabene
Ce texte vient appuyer le sentiment que j'ai ressenti lorsque j'ai commencé à dire que j'écrivais quelque chose qui s'apparentait à de la poésie: je prononçais un gros mot. Poésie dans la tête de nombreuses personnes est quasi synonyme d'écrit "chiant" (pardon) à lire car souvent elle n'est pas simple à comprendre de prime abord. De ce que j'en ai compris, en faisant quelques recherches, c'est que -comme le souligne l'article- les poètes restent avec les poètes, s'adressent aux poètes et vivent au final dans un cercle fermé car le monde extérieur n'est pas fan de leurs écrits. Ce côté élitiste colle à la poésie et je crois, quelque part, plait aux poètes car peu s'expriment dans la vraie vie comme ils écrivent: pourquoi ce décalage?
Personnellement, je me suis plusieurs fois demandé si le monde de la poésie ne se plantait pas lui-même une épine dans le pied, car de facto, elle ne se veut pas universelle. A partir de là, il faut assumer les conséquences d'un certain désamour...
Ceci dit, on voit apparaître depuis quelques années, une poésie "libérée": je parlais l'autre jour de Rupi Kaur, une jeune femme de 25-26 ans qui a vendu des millions de son  recueil de "poésie", Milk et Honey. J'ai lu quelques uns de ces textes, même si je n'y connais pas grand chose en poésie (je veux dire au niveau de la rigueur de la construction), ce qu'elle propose est très très éloigné des codes de la poésie classique. Et ça marche! Elle a ouvert la porte à ce que l'on pourrait appeler "la nouvelle poésie" et on commence à voir sur les réseaux sociaux, notamment sur instagram, une métamorphose du concept "poésie" et l'on devine une guerre naissante entre les puristes, les pseudo-puristes et les nouveaux venus. En France, il y a un vrai malaise par rapport à la poésie, peut-être parce que nous n'avons pas su la faire évoluer? Peut-être parce que nous en sommes restés à l'époque de nos grands poètes tant aimés? Qu'étudient nos enfants à l'école en matière de poésie? Y-a-t-il plusieurs poètes contemporains vivants connus?
Il y a beaucoup à faire pour redorer son image égratignée... Et est-ce que l'envie est là? Je ne suis pas si sûre.
Edited by Notabene

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Guest

Les poètes "libérés" se donnent bonne conscience en décrétant que ce sont les normes classiques qui font que le grand public rejette la poésie.

Cet argument ne tient pas la route. Ce qui séduit le plus grand nombre ce sont au contraire les textes conçus suivant la métrique (le rythme) et la rime (ou l'assonnance) comme  les chansons et le slam.

Brassens, Brel, Ferré sont bien plus connus que leurs contemporains verlibristes, et quand comme Ferrat et Brassens ils mettent des poètes en musique, ils choississent toujours des poèmes classiques.

Des chercheurs ont montré que le cerveau humain y était plus sensible qu'aux "vers libres". Et si elles se sont imposées c'est parce qu'elles étaient faciles à mémoriser.

De la même manière le peuple est plus sensible à la peinture figurative qu'à l'art contemporain.

 

 

 

 

 

 

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Frédéric Cogno
Il y a 4 heures, O'Bofix a dit :

D'accord avec ta première phrase concernant la poésie contemporaine où un petit cénacle d'universitaires s'emploient à sodomiser les diptères.

 

Pour ta seconde, je pense comme l'auteur del'article.

"Lorsqu’un homme s’exprime avec naturel, c’est-à-dire en prose, son langage embrasse une gamme infinie d’éléments qui reflètent sa nature tout entière"

Ce que le grand public aime chez Victor Hugo, ce sont "Les misérables" et non la "Légende des siècles" que perso je trouve barbifiante et qui n'est lue que par les élèves contraints de préparer un exposé sur le sujet.

 

Concernant la légende des siècles  ce n'est que ton point de vue.

À noter que lire les misérables il faut aimer la littérature et les mots sans oublier l'histoire de France...

Qui a lu les misérables?

Les gens connaissent le film ou la comédie musicale...

 

 

 

 

 

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Notabene
Il y a 4 heures, O'Bofix a dit :

Les poètes "libérés" se donnent bonne conscience en décrétant que ce sont les normes classiques qui font que le grand public rejette la poésie.

Cet argument ne tient pas la route. Ce qui séduit le plus grand nombre ce sont au contraire les textes conçus suivant la métrique (le rythme) et la rime (ou l'assonnance) comme  les chansons et le slam.

Brassens, Brel, Ferré sont bien plus connus que leurs contemporains verlibristes, et quand comme Ferrat et Brassens ils mettent des poètes en musique, ils choississent toujours des poèmes classiques.

Des chercheurs ont montré que le cerveau humain y était plus sensible qu'aux "vers libres". Et si elles se sont imposées c'est parce qu'elles étaient faciles à mémoriser.

De la même manière le peuple est plus sensible à la peinture figurative qu'à l'art contemporain.

 

 

 

 

 

 

Oui, je suis d'accord. Le problème de l'art contemporain quel que soit sa forme, c'est qu'une grande partie de la population qui s'y intéresse de près ou de loin se croit capable de pouvoir égaler le travail qu'ils lisent ou voient. Il est jugé plus qu'apprécié. Et nombreux sont ceux qui s'essaient à la pratique d'une forme artistique. Ce qui a ses inconvénients et ses avantages: plus un domaine est exploré par n'importe qui, sans compétences particulières, plus il va perdre en qualité et se créeront ainsi des bulles de "niveaux" (on ne mélange pas les torchons avec les serviettes). Mais par ailleurs, cela permet aussi à quelques pépites de voir le jour.
Et en ce sens, je rejoins ce que dit @Frédéric Cogno, qui lit "les Misérables" aujourd'hui sachant qu'en visionnant la comédie musicale ou le film, on peut croire avoir fourni le même effort que celui qui a lu le livre? Je me répète, mais plus on popularise un domaine, plus on prend le risque de lui faire  perdre en qualité même si le but premier de ceux qui ont fait la comédie musicale de l'oeuvre partaient vraiment d'un bon sentiment: La faire connaître. Malheureusement, il est difficile d'anticiper de la façon dont le public va exploiter ce qui est proposé. Et en ce sens, la poésie est à un tournant en ce moment car l'Histoire s'efface malheureusement vite.

  • Aimé 1

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Eathanor

Avant tout, sur la forme, il faut vraiment avoir envie de prendre connaissance du texte que tu donnes en lien @O'Bofix car la mise en page choisie rend la lecture pénible. Sur le fond, je pense que la poésie, vue auparavant comme réservée à une certaine élite, s'est démocratisée sous l'influence évidente d'internet. Aujourd'hui, n'importe qui peut partager un texte sur internet et prétendre qu'il s'agit d'un poème. Le meilleur côtoie le pire. Pour s'en convaincre, il suffit de fréquenter certains forums de poésie. La poésie est donc plus accessible, mais au détriment d'une exigence de qualité. Je ne peux évidemment pas rendre public des exemples de textes soumis lors de l'inscription sur Accents poétiques mais ils viendraient donner la pleine mesure de mon propos. @Notabene, je te rejoins donc lorsque tu écris que "plus on popularise un domaine, plus on prend le risque de lui faire  perdre en qualité". Au risque de soulever des désaccords, je suis pour préserver un certain élitisme poétique. Cet art ne s'offre pas au premier venu sans effort. Il doit savoir se conquérir. Promouvoir la poésie ne saurait se faire en la bradant.

 

@O'Bofix , la "Légende des siècles" barbifiante ? C'est là un euphémisme 🙂 

  • Aimé 1

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Notabene
Il y a 5 heures, Eathanor a dit :

Au risque de soulever des désaccords, je suis pour préserver un certain élitisme poétique. Cet art ne s'offre pas au premier venu sans effort. Il doit savoir se conquérir. Promouvoir la poésie ne saurait se faire en la bradant.

Dans ces quelques mots résident - de mon point de vue- toute la complexité de l'équilibre à trouver pour garder une poésie de qualité appréciée par un grand auditoire multi-générationnel @Eathanor

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Yguemart

@O'Bofix Écrit à La Havane (l'auteur avait trop fumé de barreaux de chaise) en 1955 (j'avais 1 an, je sais je ne fais pas mon âge), le texte n'est pas du tout poétique (je plaisante). J'ai lu et je lis suffisamment de textes abscons dans mon boulot. Celui que tu proposes à la lecture m'a vite "gavé" ou "véga", si tu préfères 😉.

De papy Hugo, je préfère "L'homme qui rit".

 

Pour moi : Un poème traduit un instant, une émotion, un sentiment, une opinion... sublimés par les mots et le rythme qui leur est donné. C'est un texte mis en partage, libre à chacun de s'en saisir selon ses goûts et ses envies. Dans cette communauté, j'apprécie la diversité de sensibilité et de conception de la poésie (je m'efforce de goûter à tout, même si mes préférences vont vers des textes avec des rimes et répondant à des règles de métrique). Je suis ouvert à tout (humour, réflexion, onirisme, érotisme, provocation, etc.), à toutes les formes d'expression poétique, et j'apprends tous les jours de chacun des membres de la communauté. Merci à tous et continuons (en respectant l'orthographe, la grammaire, la syntaxe... 😉)  !

@Frédéric Cogno @Notabene @Eathanor

  • Aimé 2

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N'Silina

Pour moi un texte devient poésie dès lors qu'il provoque une émotion, pas seulement par ce qu'il raconte mais dans son ensemble, sans pour autant qu'on puisse le définir précisément. Qu'il s'agisse de vers écrits selon les règles de l'art ou que les règles aient volé en éclats, peu importe.

 

Il me semble que dans un premier temps on écrit surtout pour soi, ce qui nous permet de distancier nos blessures, nos envols, d'émaner notre propre "musique". S'il se trouve un écho, tant mieux. En ce qui me concerne, s'il n'y avait qu'un seul être touché par mes écrits, je me sentirais déjà immensément reconnue et "connectée" à l'autre.

 

Je ne sais pas si les poètes sont enfermés en ghettos, se congratulant les uns les autres et se protégeant de ceux qui y sont insensibles. Ce n'est en tous cas pas le ressenti que j'ai quant à Accents Poétiques. Je perçois ici au contraire une grande diversité de personnalités, d'expériences de vie et de richesses et je crois que la poésie naît de toutes ces résonances, ces dissonances et ces assonances entre les êtres.

Edited by N'Silina
  • Aimé 1

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Myrtille

n'est pas poète qui veut, et c'est aux autres de nous donner ce nom et ce n'est pas à nous de nous l'approprier. Me concernant je dis rarement que j'écris de la poésie, car on me prend pour une demeurée, autour de moi personne n'aime la poésie, donc elle reste entre moi et moi, et le net, ainsi j'ai la paix. C'est désolant mais ce serait un sujet de fâcherie à la maison, dans le style tu fumes la moquette......

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  • Aimé 1

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Marc
Posted (edited)

Je rejoins @N'Silina à 100%.

 

Des règles ou pas, quelle importance ? Nous savons tous ce qui est beau et ce qui ne l'est pas, même si le beau n'est pas le même pour tout le monde. Comme disaient les romains poeta nascitur, orator fit. On naît poète, on devient orateur.  Au début, j'estimais la forme comme une condition nécessaire mais non suffisante. Je le pense encore mais me suis rendu compte que la forme ne doit pas forcément répondre à une règle, si ce ne sont celles de l'ouïe, du rythme et de la musicalité.

 

Il existe de nombreux chefs d'oeuvre, de la poésie en pure prose à la poésie en forme classique en passant par tous les intermédiaires possibles (vers libres, écriture automatique, etc.)

 

Les anciens n'étaient pas moins esthètes que nous. Je pense même qu'ils étaient plus exigeants. A mon sens, une forme classique comme le sonnet contraint à la concision et ses règles strictes obligent à ciseler le diamant brut.

 

Et j'ai personnellement beaucoup de peine à entrer dans une poésie qui ne dégage pas un sens.

 

 

 

 

Edited by Marc

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Joailes

Evidemment, dans ce débat, @N'Silina est toujours d'une grande sagesse ... je ne rejoins pas du tout @Myrtille 

Le 24/01/2019 à 12:35, Myrtille a dit :

n'est pas poète qui veut, et c'est aux autres de nous donner ce nom et ce n'est pas à nous de nous l'approprier. Me concernant je dis rarement que j'écris de la poésie, car on me prend pour une demeurée, autour de moi personne n'aime la poésie, donc elle reste entre moi et moi, et le net, ainsi j'ai la paix. C'est désolant mais ce serait un sujet de fâcherie à la maison, dans le style tu fumes la moquette......

ceci est ta propre expérience, certainement difficile à vivre, pour ma part j'en ai vécu une autre et je veux bien être demeurée, avoir l'air de fumer la moquette, mais j'assume enfin ce que j'écris ... 

 

entièrement d'accord avec @Marc !! 

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Qui nous sommes

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur.

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