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Désir


Bruant
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Trois petites ailes s’épanouirent à mes yeux. L’une, première, de claire azurite ; une autre, seconde, d’intense émeraude ; l’ultime et tiercelette, d’ambre profond. La bluette s’en alla sans coup férir poser sa diaphane lueur sur le ciel inverse d’un lac – là-bas, sur l’encre. La rejoindre et y danser était tentant… Je résistai pourtant à l’inclination pour favoriser le confortable d’un sol meuble, bien que banal à mourir. N’est pas fouleur d’onde qui veut !

 

Cherchant la seconde, j’en saisis la verte image  parmi la poignée d’étincelles jetées là-haut, très au-dessus des destinées humaines. Nul atermoiement cette fois : j’étais désailé en perfection. La poitrine lourde d’un charroi d’amertumes, je considérai longuement la lointaine, brasillant vert parmi les astres. Aucun espoir non plus de toucher ces sommets !

 

Me restait l’ultime, la rousseyante ! Elle avait fui, la précaire. Hâtif, j’entamai l’exploration de toutes trajectoires du levant au ponant, n’omettant nadir, ni zénith. Je perçus foule d’ombres, de chatoiements et de luisances ; mais point l’escarbille désirée. « Plus loin, peut-être, plus loin... », me dis-je.

 

Alors, se mit en branle le complet appareil de mes espérances – en même temps que squelette, muscles, tendons et autres mécaniques de très fine facture. Je fis sillage parmi l’épais velours des ténèbres, m’orientant en chiroptère, en cétacé. Au radar. À nouveau : des ombres, des chatoiements, des luisances… Mais je fis l’expérience cette fois de les frôler, les toucher, les traverser. En courant d’air.


Je ne savais plus m’arrêter, malgré l’amenuisé de mon souffle. J’étais pareil au papillon que happe la lanterne. Ensorcelé !

 

Ainsi tournoyais-je, effeuillant à la vitesse d’un cillement la marguerite sombre de la nuit, ne pouvant mieux qu’une ou deux fois, effleurer du bout des doigts l’inestimable fugitive. Ces simples frôlement initièrent le commencement d’une trémulation. Pas plus qu’un palpitement de papillon, presque rien. Bien assez, cependant pour que mon corps redemandât de ce frisson. Aussi, tandis que j’étais à la lisière de mes ressources, repoussai-je une ultime fois le plancher des vaches, pour l’envoyer très loin de moi. Pour une dernière foulée, un tout pour le tout. L’effort, tout ruineux qu’il fut, m’auréola de succès.

 

Mes doigts se refermèrent sur mon ambitionnée.

 

Et c’est alors que l’Ombre s’empara du Monde…

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