Comité de rédaction

Vos premiers poèmes

Messages recommandés

N'Silina

Qu'il est émouvant de vous lire dans vos années adolescentes, pour chacun on reconnaît déjà un style, et tous, vous savez faire naître une réelle émotion, quelle jolie idée de les partager ici !

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N'Silina

Je ne sais plus où sont passés mes premiers poèmes, mais à 16 ans j'écrivais surtout des chansons, salutaire exutoire au sortir d'une grave dépression.


En voici une :

 

Saison des pluies

 

Tu comprends, moi et la pluie on s’est tellement aimées
Elle a versé ses larmes dans mon cœur
Et je lui ai tendu mon visage
Qu’il te faudra pleurer des gouttes d’argent
Pour m’aimer
Tout autant
Tu comprends, moi et la pluie on s’est tellement aimées

 

Je sais, ça n’a rien à voir
Avec la rosée du soir
Je sais, ça n’a rien à voir
Je sais, je suis dans le noir

 

Tu comprends, si je fuis devant les nouvelles pluies
Si je fuis tes baisers pleins de soleil
Et ton amour joyeux comme abeille
C’est que les souvenirs encore s’amusent
A rougir mes blessures
Tu comprends, si je fuis devant les nouvelles pluies

 

Je sais, on n’est pas aimé
Pour parler du passé
Je sais, je suis écorchée
Mais laisse-moi saigner

 

Tu comprends, voici qu’à nouveau ma raison divague
Pour un bruit de pas, pour un bruit de voix
Pour une main tendue d’un rivage
Et mon cœur chavire
A ces fleurs pareilles
Au pistil de fièvre
Tu comprends, voici qu’à nouveau ma raison divague

 

Tu sais on est trop brisé
D’aimer des milliers
Je sais c’est mieux qu’un été
Mais laisse-moi libre

 

Je sais ça n’a rien à voir
Je sais, je suis dans le noir
Mais toi tu m’apportes à boire
Ô laisse-moi boire

Modifié par N'Silina
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Joailes

@N'Silina c'est très émouvant ... Merci de l'avoir partagé avec nous. 

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Baboo
Le ‎16‎/‎10‎/‎2018 à 09:11, Frédéric Cogno a dit :

Bonjour à tous. 

L'idée est excellente!

Adolescent je n'écrivais pas, je courais après un ballon...

Mon tout premier poème le voici...il date de 1990 ...j'avais 20 ans.

 

PETIT COIN DE PROVENCE 

 

Déjà la fibre d'un bon poète 🙂

 

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Papy Adgio

Je ne suis pas doué pour la spéléologie et je n'avais pas exploré ce site jusqu'à ces siphons où mon abdomen en pleine croissance a du mal à se véhiculer. Il a fallu qu'Eathanor déplace mon "Toque Art" dans la partie galéjade du site pour que je me trouve face à vos premiers vers et que je passe un excellent moment. Il est vrai qu'on retrouve chez bon nombre d'entre vous des signes de ce que vous nous offrez aujourd'hui.

Evidemment, n'étant pas à une facétie près, je vais me prêter au jeu après vous avoir glissé à l'oreille qu'avant dix huit ans j'appuyais comme un boeuf sur les pédales d'un vélo et me souciais peu de compter des pieds puisque je comptais les kilomètres. Ensuite, j'ai d'abord écrit des petites choses pour amuser les copains qui finissaient généralement dans une poubelle assorties de quelques heures de "colle". En fouinant, j'en ai retrouvé un qui doit dater de 1973 ou 74 (j'avais 17 ou 18 ans) et qui a dû échapper à une rafle de surgé. Je vous le livre tout empoussiéré :

 

AINSI VA LA VIE

 

Je marchais

Et oui ! cela m'arrive

Je marchais

Sans hâte

Je marchais

Sans soucis

Au milieu du tumulte

Traînant sur le trottoir

Mes pattes de derrière

Utilisant

Non sans joie

Celles de devant

A me curer les dents

Je marchais

Méditant

A l'effort que demande

La pose de quatre pieds

Sur le froid du bitume

Me disant

Calmement

Dans mon for intérieur

Que cette économie

Valait bien une cyphose

Je marchais

Chaque pas me glaçant

Des pieds jusques aux reins

Et des reins à la tête

Pensant à ce malheur

Qui arrive

Fréquemment

De sortir

Le matin

De prendre

Le chemin

Sans ses chaussures...

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Eathanor

Très intéressant et amusant @Papy Adgio. Il est vrai que sans connaître à l'avance l'auteur, il m'aurait été impossible de vous attribuer ce texte 🙂 

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Myrtille

Jeu de Dames (2005)

 

Elle traverse le miroir
ses doigts en éventail
des ongles de sang
le bras tendu attend
le noir ou le blanc

Un damier où son ombre est prisonnière
en diagonale ses pas s’enfoncent
des cases de fer
ses larmes mouillent sa robe noire
un pion dans la boue
elle y macère depuis si longtemps
la volonté d’en sortir pour aller à dame

A la lisière du noir et du blanc
ses doigts en éventail
des ongles acérés pour mieux accrocher
une main blanche celle du futur
à califourchon sur ces taches de couleur
ses cuisses enserrent le bien et le mal
la volonté d’en sortir pour aller à dame

Elle tend le bras dans ce miroir
ses doigts en éventail
une main dans une case de marbre
le bras tendu attend
mante religieuse boire le sang
distiller une autre couleur
un rond blanc au cœur de sa peau

Une rose de fer
pétales noirs sur le damier abandonnés
en diagonale un pion blanc
corolle nue cherche à naître

aller à dame pour deux corps superposés

 

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Stephane94

Le poème ci-dessous est le 3è que j'ai écris. Il fait référence aux fameux "Berserkers" de Fred Saberhagen. Comme vous le constaterez, il fait plutôt cliché et dévoile une écriture approximative et incertaine qui reflétait admirablement mes débuts.

 

Il est le Roi des Hommes et dans sa hargne, il a brandit le fer
Pour sauver le monde d’une guerre sanglante, au-delà des terres,
Engluée depuis des milliers de siècles, qu’aucun calendrier
D’aucune sorte n’aurait été en mesure d’indiquer. Alors il a prié !

Jadis simples machines de mort aux pouvoirs destructeurs,
Se sont dressés de véritables Léviathans, froids et sans peurs ;
D’une intelligence brute, sans bornes, quasiment invincibles.
Une force de frappe gigantesque au-delà du possible…

Mais tandis qu’aux frontières du monde des Hommes se dresse,
A la limite de notre Galaxie, l’Ennemi absolu, le Dieu de silicone,
Ombre tentaculaire parmi les ombres, la voix du Roi des Hommes gronde,
Et l’on entend enfler les roulements de tambours qui résonnent
Jusqu’aux confins de l’Infini, à des milliers de parsecs à la ronde…
Se dessine alors, bien à la vue des guerriers qui, à l’unisson, tonnent,
Une arme artificielle et malveillante en forme de cône
Vers laquelle des milliers d’essaims voués à la mort se pressent.

Le Léviathan s’éveille, crachant des millions de projectiles
Provenant des milliers de batteries soudain en action,
Et la Galaxie toute entière s’illumine.
Le ciel n’est plus qu’un embrasement de lumières
Qui zèbrent l’espace en une myriade d’explosions,
Et en un instant l’Univers tout entier vacille.
Torpilles et obus valsent de concert, et les guerriers fulminent,
Blessés dans leur orgueil, en voyant s’effondrer leurs frères d’ordinaire si fiers.

L’Armée des Hommes est touchée, les divisions décimées.
Alors les guerriers se reforment en bataillons enragés,
Encerclant le Monstre de métal pour le blesser à mort,
Vomissant mille milliers de contre-mesures, à tort !
Car le Léviathan riposte, vomissant une marée de torpilles
Anti-leurres, décimant les salves d’aiguillons en vrilles.
Et tandis que les humains un à un continuent de tomber,
Le Dernier Berserk, Roi de tous les Hommes, a soudain une idée.
 


Tandis qu’une pluie meurtrière se déverse de La Bête,
Les guerriers rescapés se replient en synchrone,
Et l’on entend la voix du Dernier des Berserks s’élever haut et fort
Qui, fou de rage, entre en transe, comme ses ancêtres jadis
Le firent, revêtus seulement d’une peau d’ours, tel Bersis.
Les guerriers aussitôt comprennent que la mort bientôt va s’abattre,
Que rien ne pourra l’arrêter, ni les tirs ni les drones,
Et que le Léviathan ne sera pas à la fête.

Et soudain l’on voit un millier de guerriers fous de rage
Protéger leur Roi, face à un milliard d’aiguillons qui jaillissent
Du ventre de la Bête, explosant en autant d’impacts.
Et tandis que la lutte est perdue se dresse le Dernier Berserk,
Parant, taillant, bloquant d’un millier de façons sur le milliard d’impacts,
Tous les sens en alerte, insensible à sa propre folie ; ouvrant une brèche…         

Ne restent plus que cent guerriers, galvanisés par leur Roi,
Fonçant au mépris du danger dans un étroit goulet.
 

Berserk entre dans le goulet, suivi des Cent !
Sa folie meurtrière est telle qu’il ne sent plus la douleur…
Sa puissance si grande qu’aucun impact ne peut l’atteindre…
Le goulet est si étroit que les batteries couvrent le moindre centimètre carré,
Faisant s’écrouler quatre-vingt-dix guerriers, malgré les boucliers.
Le Dernier Roi sort du goulet et le Léviathan tout à coup prend peur.
Les Dix Derniers sont sectionnés par les tirs cadencés au sortir du goulet.
Berserk est seul face au Léviathan ;
Tire une salve de torpilles hyperactives en hyper-titane ;
Touché au cœur, le Léviathan hurle des entrailles de silicone, s’enraye.
Berserk fait demi-tour, en ultra-vitesse.
Le Léviathan implose, puis explose.
Berserk a vaincu la Bête.

Modifié par Stephane94
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Pierre Brandao

Ce n'est pas, à proprement parler, de mon premier poème que je vous fais part ici, mais de l'un des premiers qui me touche encore aujourd'hui... Dites-moi votre ressenti ?

 

IGNORANCE

 

C'est parce que je ne savais pas que la mer était bleue 

que je m'y suis noyé.

C'est parce que je ne savais pas que la terre était ronde 

que je m'y suis étouffé.

C'est parce que je ne savais pas que le ciel était haut 

que je m'y suis pendu.

 

J'ignorai que l'eau fut la pluie salée 

dans laquelle je respirais.

J'ignorai que le sol fut la braise 

dans laquelle je piétinais.

J'ignorai que l'air fut la vie 

dans laquelle j'étais perdu.

 

Pourquoi ne m'a t'on pas dit que les Sirènes chantaient 

je ne les aurais pas tuées !

Pourquoi ne m’a t’on pas dit que les Sylphides sentaient bon 

je ne les aurais pas mangées !

Pourquoi ne m'a t'on pas dit que les Anges souriaient 

je ne les aurais pas assassinés !

 

C'est beau la Mer, hein, mon Dieu, dis-moi que c'est beau 

que je la respire de nouveau.

C'est beau la Terre, hein, mon Dieu, dis-moi que c'est beau 

que j'y rampe de bonheur.

C'est laid la Mort, oh mon Dieu, dis-moi que c'est laid la Mort 

que je l'écarte de mon esprit !

 

Mais,

Si la Mer est bleue je n'ai plus à m'y noyer ?

Si la Terre est ronde je n'ai plus à étouffer ?

Si le Ciel est haut je n'ai plus à m'y pendre ?

 

C'est parce que je ne savais pas que ton cœur m'aimait

que je me suis amusé à le faire souffrir ...

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Eathanor

Ce poème est vraiment intéressant @Pierre Brandao. Même s'il me semble déjà y voir ta patte, ton style a très clairement évolué depuis. Ce poème me parait plein d'une candeur assez touchante et la syntaxe plus directe que ta prose actuelle. Je n'ai jamais été doué dans les exégèses mais voilà ce que je peux en dire 🙂 

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