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Ô nuits qui demeurent sans passé !


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« Je viens de faire un rêve bleu, / Où tout n’était que poésie, / Que joie d’aimer et de chanter, / Douceur de vivre et fantaisie.   Jazy Ruis

 

C’est une simple pensée que la brise effeuille, une douce pensée qui feuille à feuille vole vers le temps passé, bien avant d’être seule. C’est une simple pensée, tourbillon d’hirondelles, une douce pensée aux sonorités de chanterelle, tout habillée de pourpre baisers qui revient à tire-d’aile. C’est une simple pensée qui se souvient sans peine, des violettes et des fleurs d’orangers et qui flâne à perdre haleine vers cet ailleurs à jamais figé, où les fleurs d’hiver s’égrènent.

 

Sous un ciel nu et blanc se profile un être frêle qui marche d'un pas très lent, regarde sa montre, l’air de rien. Il a oublié le nom de la rue et le monde qui l'entoure, cependant, il s'inscrit avec retenue, dans ce mouvement sans contours. Il est là, et n'aurait pu être ailleurs, il a rendez-vous près de cet endroit absent de tout, sauf de l'âme sœur, allée du souvenir, battue par le froid. Il n'erre pas, il vient ici goûter le silence des saveurs d'hier, cachées sous le marbre, et au cœur de l'hiver, cherche l’alliance qu’une larme de joie trahit, éternellement.

 

C’est une simple pensée partagée en son absence, une douce pensée où éclot sa présence. Diaprures de clarté, miroir d’évanescence et craquelures meurtries. C’est une simple pensée qui se dessine en arc-en-ciel, une douce pensée qui conte des merveilles adamantines. Adagio d’enfance argenté, albâtre au visage éternel, strates d’auras à l’engourdissement sporadiques et rémanentes. Hoquets de larmes, puits sans lumière au cœur du silence bleu.

 

Je crois que le temps n’a pas d’âge. Il s’installe dans nos mémoires, désuture le carnet de vie aux poésies furtives, ici un violon qui chante, là des fleurs qui parlent. Nos cœurs restent des cœurs, aux chagrins retenus, aux larmes joyeuses, aux rires et sourires contagieux. Eclosion et hybridation d’une vie encielée. Sur vos visages repose un voile d’organdi. Des mains lumineuses, étoiles de tendresse, s’échappent tout là-haut, conter le chant de l’existence.

 

Elle et lui, ensemble désormais, ensommeillés, s’assoupissent à l’ébrasure céleste. Ils n’ont plus d’heure. Le temps s’infiltre lentement. Il leur appartient.

 

Modifié par Seawulf
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