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A vous l'ermite qui venez parfois me rendre visite


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Entrez dans le silence

de la chambre bleue

où l'encens

n'a cessé d'habiter

où le chardon bleuit encore

sur un coin de cheminée

 

Asseyez-vous

dans ce fauteuil profond

où le chat a laissé son empreinte

laissez-vous glisser

dans le rêve d'une étreinte

regardez autour de vous

si la lampe est éteinte

qu'importe !

La lumière est partout

quand vous êtes là

 

Vous savez les feuilles mortes,

leurs parfums de pourriture

le temps qui les emporte,

les résines des pins

qui font de l'acupuncture

sous la plante de vos pieds

 

À l'âtre, les longues plaintes

des bûches blessées

racontent le chemin des jacinthes

où vous vous êtes égaré

une fois, une seule, 

vous me l'avez raconté 

 

J'aime la solitude

de votre veste de velours

râpée,

l'odeur des collines

incrustée dans vos mains

pour l'éternité

et votre corps battu

comme un cyprès

qui se découpe

contre vents et marées

sur l'horizon défait

où flottent des ectoplasmes

c'est là que vous dormez

 

Ne bougez pas

je vous ai fait du thé,

du thé au jasmin

il n'y a rien à dire

l'âme le fera bien

et puis, comment vous dire ... 

 

Combien vous habitez

ces lieux

cherchant votre sourire

j'ai tant scruté vos yeux

bleus des douleurs des partir

les recoins où vos larmes

ont creusé des sillons

j'en ai toujours le mal de mer

pire qu'un enivrement

j'aurais voulu vous dire 

 

mon cœur est une cible

où vos flèches s'enfoncent

et j'aime la douleur

de vos longues absences

le vent dans vos cheveux

qui sème à tout-va

d'étranges camaïeux

comme sur les vitraux

de la petite église

où vous êtes allé souvent

vous recueillir

sans épargner vos genoux

 

ô

que je vous aime !

 

Tandis que vous dormez

et que votre cœur bat,

je pose ma tête

sur votre poitrine de marbre

et dans votre souffle léger

j'aspire

l'amour de la vie

au faîte des grands arbres

bercée par les grelots

de votre troupeau

 

Que dire .. ?

 

Je dors bien avant vous

qui ne dormez jamais

et lors que l'aube pointe

le bout de son nez

c'est vous qui m'offrez

votre thé parfumé

 

Je vois alors le soleil se lever

et vous disparaissez

mais je vous sais ici

et cela me suffit. 

 

(joailes – mars 2021)

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