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Prélude à une apocalypse


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Banniange

Aveugles, les fenêtres ne voient plus le jour
Ni ces visages blêmes buller sans leur amour,
Le parc ébouriffé comme une bohémienne
Exhibe ses épaves échouées sur la scène :
Mohican rétamé aux tribales verdeurs,
Mendigot écrasé par l’ascenseur social,
Jongleur hémiplégique au rire interminable,
Éclopé grésillard, avorton de Lazare,
Khalife du Tadmor, bigarré en guenilles,
Gaupe défenestrée des bouges sous-scellés,
Bagnard assermenté aux lois des récidives,

Rêveur impénitent d’un pays de justice,
Fossoyeur dégraissé qui câlinait les morts,
Devin sans avenir dans un présent bourbeux ;

 

Tous,  frères dévastés du temple des fretins,
Cortège piteux de cervacapsulophiles,
Vassaux abouchés aux ratafias assassins,
Leurs ex-voto brisés en tessons balafrés,

Ils tournent sans manège aux milieux de débris
Des villes sans ménage aux maisons solitaires,
Ils tournent sans arrêt comme les heures creuses
D’une horloge implacable où le temps agonise,
Ils tournent sans espoir en longeant les fenêtres
Sous le morne regard d’aveugles régaliens ;

 

Du firmament rugissent de sombres montagnes

Enroulées dans les vents, elles crachent des trombes
D’éclairs fielleux semant d’atroces sifflements,
Les cirons en furie et les hantavirus,
Ces infimes sicaires de Gaïa l’humiliée,
S'en viennent décimer l’espèce suffisante.

 

Chacun s'est retourné vers un ciel qui s’éteint.
Chacun s’est détourné pour ne pas voir la fin.

Modifié par Féludorée
Diverses corrections (accents, apostrophe, ponctuation)
  • Aimé 4
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Ce poème est à lui seul un spectacle terrifiant, s'y produit tout ce que le monde recèle d'abominations et d'angoisses.

Une performance sombre mais magistrale. 

  • Merci 1
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Thy Jeanin

Des vers qui rugissent, un festin de mots! La réalité rejoint le mythe pour dénoncer l'exécrable.

  • Merci 1
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