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Aubrac

Le sang qui court dessous, sorbier nu sous le vent bleu

laisse une encre de poussière aux veines ouvertes de l’écriture

émoi primordial, un jour d'ancienne traversée

tant étreint d'esprit et de matière

tant foui l'inculte et barbare germinance

élevé de plain-chant de solitude

trempé aux sources minérales de la lumière et du temps

tant étendu la vie ténue à l'antique prescience de l'enfance

que même de plus hautes fréquences n'en purent revenir

que cette nostalgie

toute accablée de l'orthographie décisive du basalte

du granit oxydé des villages guettant

parmi les troupeaux de pierres sporadiques

l'échine blonde des horizons indéfinis

fantômes couverts de landes étiques, de vacheries

de vents et de tourmente

et les ciels sur les bras … homme perclus d'espace disséminé

l'erre cordée à son pas, une simple expression

et la précarité du souffle et de l'ombre

l'humanité, seule, vagabondant vers la halte du soir

 


Seul son nom, émacié

adossé au noir d'un buron ruiné d'éternité

contente depuis ces lustres un indéfectible imaginaire

conservé dans la cendre des promesses faites à soi-même

pour tracer une destinée

l'idéogramme de sa fracturation et de son consentement

antidote aux amers que l'âme distille sous les grues bleues

silence à délier le joug des moraines lapidaires du destin

attelage hiératique conjurant l'extase sous les grands oiseaux

et les œuvres du vent


 

Quoi de neuf à la marche des pères ?

 

 

 

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Joailes

Un endroit sauvage que vous avez fort bien su décrire ici ; j'aime particulièrement ce passage :

il y a 43 minutes, O Salto a écrit :

homme perclus d'espace disséminé

l'erre cordée à son pas, une simple expression

et la précarité du souffle et de l'ombre

l'humanité, seule, vagabondant vers la halte du soir

 

 

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Frédéric Cogno
Il y a 2 heures, O Salto a écrit :

que cette nostalgie

toute accablée de l'orthographie décisive du basalte

du granit oxydé des villages guettant

parmi les troupeaux de pierres sporadiques

l'échine blonde des horizons indéfinis

fantômes couverts de landes étiques, de vacheries

de vents et de tourmente

et les ciels sur les bras

J'aime cette rusticité "haut de gamme". Le terroir se vertèbre ici, je sens le poète en communion avec cette terre, rude, griffée de vents, avare de parole mais prodige de silences féconds. Il y a du Jammes dans les images, du Giono qui aurait pris l'apéro avec Rimbaud (les assis).

 

Il y a 2 heures, O Salto a écrit :

Seul son nom, émacié

adossé au noir d'un buron ruiné d'éternité

Pure merveille...Fan des burons, Je rêve d'un Salers au cœur du Cantal vieux de préférence qui aurait sans nul doute le goût merveilleux de votre poésie. Un grand coup de cœur. Et un grand merci!

 

 

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Seawulf
Il y a 21 heures, O Salto a écrit :

trempé aux sources minérales de la lumière, et du temps

tant étendu la vie ténue à l'antique prescience de l'enfance

que même de plus hautes fréquences n'en purent revenir

que cette nostalgie

toute accablée de l'orthographie décisive du basalte

du granit oxydé des villages guettant

parmi les troupeaux de pierres sporadiques

l'échine blonde des horizons indéfinis

 

Il y a 21 heures, O Salto a écrit :

Seul son nom, émacié

adossé au noir d'un buron ruiné d'éternité

contente depuis ces lustres un indéfectible imaginaire

conservé dans la cendre des promesses faites à soi-même

pour tracer une destinée

 

Remarquable texte poétique. Géographie vivante aux accents du terroir. Une plume d'une grande richesse évocatrice et littéraire. J'ai pensé en lisant et relisant votre texte à un jeune poète de grand talent, Marien Defalvard dans son recueil Nartex.

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  • Administrateur
Eathanor

J'ai pris un grand plaisir à lire à parcourir cette terre d'Aubrac que vous chantez si bien.

 

Il y a 7 heures, Seawulf a écrit :

J'ai pensé en lisant et relisant votre texte à un jeune poète de grand talent, Marien Defalvard dans son recueil Nartex.

Merci pour cette piste de lecture Seawulf.

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O Salto

Amies et amis du comité de rédaction,

Amies et amis de passage,

 

Je tiens à vous remercier du regard que vous avez porté sur mon écriture, et vous avouer ma surprise et mon plaisir d’en voir ainsi deux essais transformés sous la Coupole !

Malgré le soin que je porte à la résonance picturale et rythmique de ma prose elle reste sans doute bien éloignée des canons ; en cela je ne puis être artificier ; il me reste un corps à corps avec les mots que me délivre une nature rude aimée pour elle-même, et un juste éloignement de ma tendresse et de ma désolation. De là parfois mon sentiment d’être un peu à la marge des élans poétiques assidus et des es-lettres qui les peuplent à foison.

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Frédéric Cogno

Votre poésie est une fête. Les canons servent à trinquer...alors tchin.

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