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La mort du petit cheval


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Joailes

 

" ... Mais un jour dans le mauvais temps,

Un jour qu'il était sage

Il est mort par un éclair blanc

Tous derrière, tous derrière

Il est mort par un éclair blanc

Tous derrière et lui devant ..."

(Paul Fort - Le petit cheval -)
 

 

 

 

 

Le cheval bai, gris, aigri,

solitaire comme un nuage

éclaté

agonise

dans son coin

sans savoir pourquoi

 

Son meilleur ami

l'a trahi

dans l'écurie

il halète

tandis que le ciel

devient sombre

et que tout son univers

se consume

 

Avant d'expirer

il voit la verte prairie

où il ne fut qu'au pas,

parfois au trot

et un galop l'emmène

ses plaies se referment

 

Il sourit.

 

Un humain, au loin,

ombre démoniaque,

gît, frappé par la foudre,

un couteau à la main, 

 un dans le dos.

 

(J.E. Septembre 2020)

  • Aimé 3
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Jeep

Éloigné de votre registre  habituel et inspiré par une actualité morbide, ce poème ne m’a pas totalement convaincu. J’en reste au texte chanté par Brassens.

Edited by Jeep
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Seawulf

Je partage le ressenti de @Jeep. Texte que je trouve plutôt froid, à l'approche sans doute trop directe, qui surfe sur l'actualité. La poésie semble y être la grande absente ! Dommage, car le sujet le mérite amplement. 

Edited by Seawulf
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Frédéric Cogno
Il y a 9 heures, Joailes a dit :

Il sourit.

La poésie est bien là, parfois elle laisse son attirail, marche, nue, solitaire, crottée, le nez en l'air, en laissant des petites traces qui paraissent insignifiantes, illisibles, incongrues, insipides mêmes...et pourtant encore faut-il avoir le flair et le tempo poétique pour s'y attarder

 loin des ateliers confortables, des laboratoires officiels, des cénacles universitaires qui se réclament de la poésie...A mon tour de sourire... Le fait de s'en prendre aux chevaux, en ces temps détestables qui me donnent souvent envie de vomir, faire du mal à une des merveilles du monde animal, probablement à mes yeux la plus belle créature du règne vivant ("les chéris" comme les appelait Léo Ferré) prouve qu'il y a un vrai malaise dans notre société, une crise de civilisation, un grand dérèglement cérébral, pire une déchéance des cœurs. Ce texte est un cri de l'âme donc fils aîné de la Poésie.

Un grand bravo Joailes!

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  • Administrateur
Eathanor

Je rejoins @Jeep et @Seawulf. Ce poème m'a moins embarqué que tes précédents. Ce que j'apprécie dans ton univers poétique, ce sont ces explosions de couleurs, de senteurs, de sensations, ces images oniriques et féeriques, cette dimension parfois surréaliste. Or ici, on sent que ta plume était un cri de colère sur une bien triste actualité. Et comme souvent, un cri est direct et ne s’embarrasse pas de détour. Cela ne retire rien à son authenticité, bien au contraire. @Frédéric Cogno, j'espère pour autant que vous ne me dénierez point un minimum de flair et de tempo poétique 😉 

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O Salto

 

Tontons Nestors, vous eûtes tort, je vous le dis tout net,

vous avez mis la zizanie au poème de Josette …

 

Réflexions au galop, inspiré par le poème et les commentaires !


La beauté existe t-elle, qui n’est que la projection de notre propre image sur l’œuvre éphémère de l’instant ; et sa persistance, la mémoire ?

 

Harmonie dans le déséquilibre, c’est en cela, peut-être, que la barbarie peut être belle ; un groupe de génisses saute du camion sur le quai de l’abattoir …

Ni le peuple ni le prince ne sont ni beau ni laid.

Il est des chevaux fourbes, ou dociles ; il est des chevaux flattés par les honneurs, et des chevaux cadencés aux jeux des maîtres, dénaturés pour une salve d’honneur !


Il est des chevaux qui se cabrent avec grâce d’insoumission !


Ne serait-ce pas notre soif de beauté qui fait que le monde nous échappe, nous laisse seul infiniment en ce qu’il n’est plus qu’une représentation au théâtre de nos images ?

Et le cheval un archétype de la beauté, celle que l’on achève le bras tendu et le regard détourné après le saut de la rivière, comme une femme que l’on abat lorsque la beauté nous étouffe, qui n’existe en dehors de nous-même et de notre désir de la retrouver, ultime geste du néant …


Alors l’insoumission serait-t-elle une condition de la beauté, comme la course d’une bête libre ; et la bonté pourrait-elle parachever la beauté ?

Alors j’entourerai cette vieille haridelle au bout du chemin, le cheval de Turin, toutes les bêtes courant sans se retourner devant nos incendies …


Enfin libre, la plus belle conquête de l’homme ! La femme !? Les mots sont parfois complètement stupides ; barbares !?


J’étais vraiment, j’étais bien plus heureux, bien plus heureux avant, quand j’étais cheval !

 

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Joailes

Je vous remercie tous pour vos lectures . Dommage que les commentaires n'aient pas été plus nombreux (sur 110 lectures, un record !) cela m'aurait permis d'avoir un éventail plus large de vos ressentis. Le sujet était grave et, hélas, d'actualité. L'écriture permet cet exorcisme, elle en est même probablement la fonction première. Il n'est pas trop dans mes habitudes de traiter un sujet aussi brûlant sans y ajouter quelques fioritures pour le rendre plus doux à lire, mais là, je n'ai pas pu. C'est sans doute ce qui vous a désorientés, @Jeep @Seawulf @Eathanor. Je salue votre franchise, en tous cas  la critique a toujours un côté positif. 

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Le 10/09/2020 à 23:37, Joailes a dit :

Un humain, au loin,

ombre démoniaque,

gît, frappé par la foudre,

un couteau à la main, 

 un dans le dos.

Bonjour @Joailes,  quitte à me démarquer ,j'ai adoré ce texte terrible autant qu'émouvant, tant au niveau du contenu que de la forme (le vers libre et cours

tout à fait adapté à mon sens) le passage cité suggère la vengeance du ciel 'la foudre'  par un raccourci remarquable : un couteau à la main / un dans le dos

Réagir 'à chaud' sur un fait de société révoltant est une chose, mais là c'est fait avec beaucoup de talent ,chaque vers est justifié (et réussi) pour moi (et çà n'engage

que moi : petit chef d'oeuvre) 

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Bonjour @Filae77 et merci pour votre appréciation. Vous avez tout compris de ce que je voulais faire passer. Cependant, je comprends que d'autres aient pu ne pas aimer, les goûts et les couleurs ne se discutent pas ! 

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Parfait @Joailes, je persiste et signe et rajoute une couche 

le titre : La mort du petit cheval (emprunté au roman éponyme d' Hervé Bazin expression qui signifie : on a été au bout ,ou on aura tout vu. ou c'est le  bouquet ! etc... 

particulièrement adapté au sujet douloureux autant que scandaleux

le cheval bai ,gris ,aigri (et gris) : tout-à-fait ,ce sont les couleurs de robes de plusieurs chevaux mutilés ,aigri renvoie à trahi ,l'animal mortifié par l'attitude criminelle

à laquelle il ne s'attend pas  sans savoir pourquoi

tandis que le ciel devient sombre annonce le châtiment  divin qui interviendra à la fin du texte, blesser un animal est s'attaquer à la nature entière

où il ne fut qu'au pas,parfois au trot / et un galop l'emmène  passage formidable : la mort en état de béatitude qui est l'apanage de l'innocence lui ouvre des perspectives

qu'il n' avait pas de son vivant   

ses plaies se referment Il sourit.  Comment mieux exprimer la mort du cheval en état d'animal  Martyre ?  

Bravo @Joailes,texte profond et sensible ,magistral au niveau de la structure (des alexandrins n'auraient pas convenu je pense ), au risque d'être lourd ,je pense que 

ce texte est un modèle en son genre ,(naissance d'un petit chef d'oeuvre)

 

seule remarque ,et encore.... 

un couteau à la main, 

 un dans le dos.  -> j'aurais mis:  'un autre dans le dos'

 

Edited by Filae77
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Merci infiniment @Filae77 vous vous êtes attardé sur ce poème plus que d'autres, sans doute, et votre talent d'analyste (qui vous caractérise)  a su défricher (déchiffrer) les "entre lignes". La correction de la dernière phrase est très pertinente, en effet. (je ne peux cependant plus corriger).

Un peu abattue par l'accueil fait à ce texte, que je ne considère nullement comme un chef-d'oeuvre, me voilà, grâce à vous, repartie sur les chapeaux de roues 🙂 Merci. 

  • Merci 1
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