Toute l’activité

Ce flux se met à jour automatiquement     

  1. Aujourd’hui
  2. N'Silina

    Reflets

    Reflets A contre-jour, dans le flou des voilages, de la cotonnade rose abandonnée sur le rocking-chair, dans ces gris, ces bleus d’aquarelle, ces reflets mouvants du cabinet de toilette, une jeune femme évoluait, nue, goûtant chaque étincelle de soleil sur sa peau, chaque éclat de lumière dans la transparence de l’eau. Au loin, Mozart égrenait ses notes de musique, somptueuses, essentielles. Le son lui en parvenait feutré, ajoutant à son air alangui, à la fragilité de l’instant. Elle aimait ces matins de douce nudité, dans l’étonnement heureux de sa chair cuivrée, aux couleurs de l’été. C’était ses moments « peau douce » de soi à soi, entre lait velours et huiles précieuses, parfums anciens. Parfois elle se disait : « Je n’ai jamais su regarder mon enfance avec simplicité ». Pourtant, du jour où elle était devenue femme, sa vie s’était inscrite dans un nouveau relief, une autre résonance : de feu, d’épices et de douceur mêlée, infiniment sensuelle, chatoyante. Soudain, elle vit dans le miroir le reflet de la femme qu’elle serait dans cinquante ans. Elle eut un vif mouvement de recul, de refus devant cette chair, lourde et lasse. Puis, elle surprit son propre sourire et s’y réchauffa, se reconnaissant peu à peu : amoureuse toujours, vibrante infiniment, la peau réconciliée, et le même parfum !
  3. Hier
  4. N'Silina

    Où Où vont les lignes de nos mains Quand le regard s’étire au-delà des blés d’or ? Où bruissent les coraux, la nacre vive des coquillages Lorsque tu plonges en moi tes prunelles de jais ? Où se décline le chant du rossignol Quand tes doigts sur ma gorge Sont des iris aux cils de lune ? Où brûle le volcan de nos nuits Lorsque tes pupilles sont des lucioles Au secret de nos rires ? Où courent les fils argentés de nos tempes ?
  5. N'Silina

    Clair-obscur

    Clair-obscur Se défendre de la nuit, déjà fiévreuse Comme on repousse un drap un peu rugueux Pressentant les terres de haute lutte après la journée âpre Frissonner, funambule Dans ces sanglots de neige que cisaille la ville La peau à vif Assourdie de ses propres battements de cœur Ces griffures du temps Roidies d’indifférence si ce n’est de mépris Jetées au visage et qui font trembler les lèvres Morsure de chat sauvage Coup de fouet à pleine bouche Attisant les blessures si peu endormies Cette danse désaccordée Où l’amour se tisse pourtant Inlassable et surprenant artisan Plonger en une source chaude Pour laver le chagrin Ne garder que le sourire Ainsi ces « concrètes » Parfum solide que l’on porte à son cou Au secret d’une paume Neige aérienne, d’une infinie douceur Transportant vers ces rivages blancs, mouvants Que sont les plages normandes Où, si légèrement sur le visage Les embruns démaquillent les ombres (photo source inconnue)
  6. Alcibiade

    Sur une gorge bleu pétrole

    La première strophe a ma préférence parce qu'elle emmène là où les mots ne parlent plus à la pensée. Merci !
  7. Alcibiade

    En route maintenant

    Elles dansent dans le décor qui s'ouvre à moi L'accord enfin trouvé entre l'oubli Et l'ancien manège déplacé A l'appui de ta main qui tremble On affiche les membres voûtés Aux caresses des veuves du cœur Enfant tu as perdu le ballon qui te reliait Aux souvenirs du néant Alors pourquoi n'écoutes-tu pas la voix Qui tombe sur tes jours creux ? Est-ce dans l'oubli que tu accapares La tristesse qui assiège ton cœur ? En montée nocturne la paix s'en vient Si tu ne mâches pas les mots Enveloppes à la cire cachetées Lumières d'automne tombées au fond d'un sac Qu'une main remue sans passion Poison violent au cœur de l'arbre Pourquoi as-tu coupé le fil qui nous reliait ? Ça mange tout et ça déborde tant Qu'il n'y a plus de place pour en parler D'un bloc ça saute au cou comme un collier De perles qui éclate Les griffes n'ont plus de miettes à remuer Encouragez-nous à ne pas nous éteindre Si c'est une vague nous la chevaucherons Et si c'est la lune nous la regarderons Découvrir ses dents pour qu'elle nous guide De ses rayons bleus Les feuilles roulées au pied de l'arbre Ne sauveront pas l'oiseau blessé Ton sourire triste ne sauvera pas l'orchestre C'est un chant trahi qu'on accorde au mourant Quand sa dette coule au fond du lit avec sa douleur L'ignorance des visions apporte à l'idiot Son lot de consolation A l'extrémité de l'envol la pierre tombe toujours Baisse la tête ce n'est pas indigne d'être une proie La boisson n'a jamais tué le cœur Elle le fait sortir de sa boîte Et il bat sans remords Dans le froid Le brouillard On arrivera demain aux rivages tant de fois évités Et les mots qu'on apporte couleront dans le sable Vers quels nerfs ? Vers quelle cathédrale ensevelie ?
  8. Frédéric Cogno

    Amours de statues

    C'est très joli. Ce poème créé une sorte d'ambiance proche de la solitude et personnifie l'oeuvre de pierre avec délicatesse. J'aime beaucoup.
  9. joailes

    Les réseaux de solitude

    Sur les réseaux sociaux, on peut bien s'amuser ! De solitaire, au fin fond du Larzac, on peut passer à 30 millions d'amis, sans besoin d'être un animal, comme ça, même sans un regard, c'est génial ! On peut y publier ses délires, ses œuvres, ses larmes, ses rires, ses dérives, ses self-services de mots sans lettres, on a toujours du répondant ! Grâce, bien sûr, et vous l'aurez reconnu, à l'émoticône ! -dans émoticône il y a émaux, ou émoi, émo-tif mais il y a aussi la fin du mot- et c'est cône. Il y a autant de chaleur sur les réseaux sociaux que dans l'igloo d'un esquimau en panne de chauffage un trente et un décembre à une heure du matin. Mais quand même, dire qu'en Norvège une nuit peut durer deux mois je me dis : « vive les réseaux sociaux ! » Pour peu que ce soit une nuit d'insomnie, j'imagine le nombre d'amis que peut avoir une norvégienne juste pour une nuit ! Si je mets ça sur Face de Bouc, je vais avoir plein de pouces en l'air, mille laids, (comment dit-on « smyley » en français? Ah oui, « sourire ») et puis si je rajoute que je ne suis pas norvégienne, ni même esquimaude, ni même rien et que je ne sais qu'écrire, peut-être aurai-je quelque intrigué qui ira plus loin ? En tout bien, tout honneur, bien sûr. Je pourrai me pâmer devant un commentaire si niais que je relirai mon texte plusieurs fois, pour savoir si j'ai mérité ça. Puisque le jaune semble à l'honneur, -c'est rigolo parce que dans le dictionnaire, un jaune c'est un ouvrier qui refuse de prendre part à une grève, mais en même temps, une des sept couleurs fondamentales du spectre solaire- je pense au soleil que nous aurons demain, nous a promis madame météo. Sans vouloir tout gâcher après cet humour jaune, je laisse la place aux gilets, Gilles et John. Actualité oblige. (J.E. Nov.2018) * Attention ! Humour ! A prendre bien des degrés au-dessus du premier degré ! *
  10. joailes

    Amours de statues

    Les statues sont très "parlantes" : je les capture beaucoup en photos et après, elles me parlent ... Je n'ai plus qu'à transcrire !
  11. joailes

    El Cuistot

    J'adore ! C'est très bien mené et mérite un de ces cœurs que je n'ai plus ... Bravo !
  12. Yguemart

    Fleur tropicale

    @joailes On reconnaît bien tes petites pirouettes, jeux avec les mots et les expressions, pour rendre acceptable la lourdeur de l'atmosphère. Une écriture toujours très belle.
  13. joailes

    Ne plus écrire

    Ce pourrait être cette lettre à un jeune poète ...
  14. Notabene

    Ne plus écrire

    Heureusement @Yguemart, mais j'ai cru remarquer, dans tout ce que je peux lire à gauche ou à droite que cela motivait énormément de monde, mais également que cela plait aux lecteurs, qui se reconnaissent dans les malheurs décrits... Mais heureusement que ça n'est pas une généralité!!
  15. Yguemart

    Ne plus écrire

    @thierry demercastel Partager des émotions, donner du plaisir et de la joie, être un passeur d'idées, c'est pour moi ce que doit faire un poète, un écrivain, un auteur. @Notabene Je ne suis pas persuadé que la tristesse et la douleur soient les seuls moteurs de l'écriture. Surtout, continue à écrire, Thierry !
  16. N'Silina

    Et la musique

    Oh voyagez encore @thierry demercastel, l'émotion est au rendez-vous !
  17. N'Silina

    L’océan de mes larmes…

    Touchée en plein coeur par chaque vers, merci @Seawulf
  18. N'Silina

    La mémoire est morte

    Cela se chante, se scande et se pleure doucement, laisse place à notre imagination, merci @joailes
  19. N'Silina

    Neiges de glace

    Instantanément des frissons dans tout le corps, signe pour moi d'une profonde justesse. J'aime profondément votre poésie, pour un peu je dirais que je m'y reconnais.
  20. thierry demercastel

    Le point noir

    "J'aurais voulu être la majuscule qui la suit" Merci poésie.....
  21. Féludorée

    Entre les lignes

    "un passage désabusé"... Bah mince alors... J'aimerais pouvoir commenter tous les poèmes postés (je les lis tous) comme autrefois quand j'étais modo mais ce n'est plus possible... Quand je m'arrête pour commenter, j'essaye toujours de dire quelque chose de constructif et/ou d'analytique. Et si @joailes est aussi songeuse, c'est qu'il y a apparemment un réel manque sur le forum et un besoin d'en parler... En tout cas, merci d'avoir été honnête !
  22. Baboo

    les mots en sommeil

    Joli poème très bien écrit
  23. Baboo

    El Cuistot

    Pastiche du célèbre sonnet "El Desdichado" de Gérard de Nerval. (j'ai utilisé les mêmes rimes que lui pour chaque vers) Je suis le Maître Queux, le seul, l'inégalé. Le poids de ma bedaine attire à la folie Le client exigeant, le gourmet esseulé Qui vient se sustenter en ma salle jolie. Je mitonne au fourneau un rognon rissolé, Une potée aux choux et un filet de plie, Un bon plat de lentilles et un petit-salé, Du bon tiramisu au parfum d'Italie. Plaisir, damnation? Esclave ou bien mitron ? Je m'acharne et je sue sans ménager ma peine. Le temps presse je cours toujours à perdre haleine... L'ouvrage est exigeant, digne d'un tâcheron : Offrir à mon client la meilleure bouchée, Embaumer son palais et son âme alléchée.
  24. Myrtille

    Blanc

    je retiens particulièrement aimant aussi
  25. Notabene

    Ne plus écrire

    " Ne plus écrire quand la douleur se fait plus sage " : j'ai souvent constaté que l'on écrit plus facilement ses douleurs que son bonheur et je me suis toujours demandé pourquoi. Ce poème est magnifique, déchirant et j'ai juste envie de dire, timidement sans l'oser vraiment... Encore!
  26. Fleur de poème

    Fleur tropicale

    Ce qui est intéressant c'est le mélange d'images personnelles " je n'aime pas les néons.Ils font cracher des mots dans les halos crus " et du langage courant " les cœurs d'artichauts ", " j'ai cessé de tirer mon épingle du jeu dans les bottes de foin". Je ressens une spontanéité de l'écriture, les phrases s'enchaînent sans être bridées, en totale liberté, je souris aussi à l'expression " les rubans s'envolent sans laisser d'adresse ".
  27. Myrtille

    les mots en sommeil

    Laisser faire le temps jusqu'au moment où l'atmosphère se prête à l'écriture, mais on ne sait pas quand, Eathanor le dit très bien.
  1. Charger plus d’activité