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Maisons, manoirs et havres de plume - Jeu poétique

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Bonjour à tous !

Avant les congés d'été, je vous propose un nouveau jeu d'écriture poétique interactif.

Il s'agira d'écrire un poème de forme et de longueur à votre choix (minimum trois vers) centré sur tous les logis et abris possibles et imaginables. Palais, pavillons de banlieue, huttes, cabanes, maisons de pierre, de boue ou d'imaginaire, à votre gré. Les bras de votre grand amour sont acceptés.

Le poème peut être constitué de vers libres ou d'une forme fixe, du haïku à la sextine, en passant par le sonnet ou la terza rima.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, demander au joueur suivant d'écrire sur une maison de votre choix. Il sera libre de le faire ou non.

Voilà une opportunité à ne pas manquer pour taquiner votre plume et partager avec les autres joueurs un bon moment d'écriture.

Avez-vous besoin d'idées ? En voici :

icoy.png

Infographie réalisée avec le concours de l'IA

Ma participation personnelle :

Lacustre

La brume la dérobe au regard voyageur,

La ville flotte encor sur une vague douce,

Les planches de façade, au rêve sans secousse,

Oscillent lentement dans l'immense torpeur.

C'est un abri pourtant, de pénombre et touffeur,

Pour un peuple qui rêve à l'heure où tout s'émousse,

Le temps chemine lent, nul oiseau l'éclabousse,

Bientôt le matin bleu, l'azur et sa splendeur.

L'Asie offre ce songe éloigné des campagnes,

Les cultures sur l'eau deviennent ses compagnes,

Le teck et la bambou flottent sur pilotis.

Il faut s'assoir ici, sur les nattes tressées,

Sur les bambous légers de diamants sertis,

Pour entendre la voix des rêveries tissées.

Alba

9dge.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

Je peux demander au joueur suivant de composer sur le thème du pétale de rose.

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

En guise d'exemple, voici ma participation en réponse au défi lancé par le joueur précédent :

Cétoine doré

Sa maison est de soie et son cœur, cannibale,

Il s'abrite pourtant, lorsque la pluie s'entend,

Sous la rose docile, elle est là qui l'attend,

L'averse, en dame blanche, est la femme fatale.

La fleur sauve sa vie, elle offre son pétale,

Il cache son dessein, n'est pas ce qu'il prétend,

Sa figure dorée, au rire qui s'étend,

Défie en masque fou la force végétale.

Minuscule assassin ! il se creuse un tunnel,

Festin de rose morte, en délice éternel,

La belle s'affaiblit, quel étrange théâtre.

Il la dévore vive, elle ne pleure pas,

Les roses, ça se tait, mais son âme d'albâtre

S'éloigne au loin du soir pour s'unir au trépas.

Alba

ados.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

Au plaisir de vous lire !

͡ ° ͜ʖ ͡ – ✧

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Un autre exemple de participation, sans défi préalable :

L'igloo

Effleurer sa paroi, c'est se glacer les doigts,

Bizarre abri de neige, ô perle de banquise,

Le blizzard est confus et sa face s'irise,

Même le vent du Pôle obéit à sa loi.

Dans l'immensité blanche, il est leur doux chez-soi,

Quelques degrés perdus, un jour qui se tamise,

Délicat bombement, ils se croient à Venise,

Et l'écorce gelée avive leur émoi.

Alentour, c'est l'enfer, et nul ne peut survivre,

Mais sur la peau de phoque, ils font bien plus que vivre,

Extase d'un moment pour ces deux voyageurs.

Le tourisme a du bon, les plaisirs sont multiples,

Et chaque découverte apporte ses douceurs,

Ce soir, c'est du saumon, les portions seront triples.

Alba

wx3j.png

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

Au plaisir de vous lire !

͡ ° ͜ʖ ͡ – ✧

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Ou, sans les mains :

Satellite en orbite

Elle est bleue en effet et j'en rêvais, Seigneur !

Le silence s'impose en ce clair habitacle,

Douce maison du ciel, étrange tabernacle,

Nous dérivons légers devant cette splendeur.

Nous sommes partis loin, quittant la pesanteur

D'un monde sans espoir et voici ce miracle,

Une planète azur tournant tel un oracle

Dans le vide et le nu d'un siècle sans saveur.

Elle semble fragile, il n'est pas de muraille

Pour protéger les mers de soudards en ripaille,

Sans souci de sa vie, elle s'offre, innocente.

Les humains possédés de faim et de désir

Pilleront à loisir son âme incandescente,

Admirons, pressons-nous, c'est l'ultime plaisir.

Alba

yome.png

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

Au plaisir de vous lire !

͡ ° ͜ʖ ͡ – ✧

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Contempler sa maison Terre, en effet, c'est le moment, avant qu'on n'en voie plus que les émanations viciées!

Quatre superbes illustrations du thème. Merci Alba!

 Coquille

J’habite une maison de nacre et de sel

Balayée par l’eau de l’estran

Mon toit prend la couleur firmament

Et s’ouvre au soleil à la première étincelle

 

On essore un nuage sur le sable sec

C’est l’heure des pluies qui suit la marée

Mon plancher reluit de ses reflets moirés

Tout lavé d’iode en un lit de varech

 

Je n’ai à mouvoir rien de ma chair flasque

Irrésistiblement l’eau finit de me découvrir

Devant ma porte et sous mon pied la flaque

 

Se vide lors que m’assèche un doux zéphyr

Qui s’amuse de ma joaillière peine

A meubler mon intime d’une perle.

fermez-vous vers le haut d’une conque sur une plage - coquillage photos et images de collection

Image libre (Pixabay)

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Waoûûûûûûûû ! Ce poème est une merveille, Thierry !

J'adore en particulier les deux quatrains, c'est à la fois réaliste et onirique, transcendé par un sens esthétique poussé à l'extrême, et infiniment suggestif.

Tu nous gâtes ! Quelle plume !

( ͡°_ʖー)~☆

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Voici une participation personnelle au jeu d'écriture :

La grotte préhistorique

Une étrange peinture illumine les murs,

Splendeur du temps passé dans la grotte pérenne,

Certains ont vécu là pour une heure aérienne,

Ils ont choisi cet art, emblème des plus purs.

Et leur ombre demeure en rêve du futur,

Poursuivant les chevaux dans la plaine lybienne,

Élevant le symbole en missive malienne,

La main s'est effacée au creux de l'ocre dur.

Mais dans la tombe immense aux mille vies humaines,

Cette crypte secrète à face suzeraine,

Le signe est roi du monde et persiste au-delà.

Comment ne pas penser à cette heure évanouie,

Paroles échangées, murmures que voilà,

Le silence à présent paraît âme enfouie.

Alba

w0zp.jpgIllustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

Au plaisir de vous lire !

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Une autre pour la route :

Voleur de nid

Parasite maudit, ô toi le coucou gris,

Oui, je te parle, infâme ! Où donc est ma couvée,

Qu'as-tu fait de l'enfant que j'avais élevée,

Une tendre mésange aux rêves évanouis.

Tu l'as jetée à bas, et voilà que tu ris,

Cela te semble drôle, une vie achevée,

Elle est morte à présent, peinture délavée,

Et tu gaves le nid de tes cris rabougris.

Mais quel est cet intrus ? C'est ta progéniture,

Ton bébé répugnant qui bave sans mesure,

Tu l'as laissé sans père, il ouvre grand le bec.

Que t'imagines-tu ? Je ne suis pas sa mère,

Encor moins son esclave, il faudra faire avec,

Mets-toi donc au travail et apprends la misère.

Alba

nczn.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

J'espère vous lire très vite !

͡ ° ͜ʖ ͡ – ✧

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Dans l'attente de lire d'autres participations, voici la mienne :

Sur la canopée

Nous voici Robinson, étrange destinée,

Notre maison se dresse en cet immense ciel,

Elle est faite de bois et semble gratte-ciel,

Bien au-dessus de tout, ô rêve canopée.

Nous surplombons le monde, ombre papillonnée,

Dans ce lointain Brésil, le songe a goût de miel,

Tout ce qui vole est là, perroquet arc-en-ciel,

Libellule songeuse, aile tourbillonnée.

Le temps s'arrête ici, dans cet océan vert,

La flore originelle, en immense concert,

Vibre tel un alto sur la note florale.

Chaque heure est poésie et nous gravons ses chants

En frôlements de soie et brise cardinale,

Ses murmures sont là, sous les soleils couchants.

Alba

drzm.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

( ᴗ˳ ᴗ )

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très réussi, Alba, cette robinsonnade dans les arbres! Il m'est revenu un sonnet que j'ai pondu à l'occasion d'une "goutte de froid". Je m'imaginais, maison renversée flottant sur son toit et moi la rame à la main...

Nef à demeure

 

Il a plu cette nuit tant et plus sur la ville

Que j’ai largué l’amarre et levé l’ancre au gré

D’une vague en plein rêve jetée sur le grès ;

La pierre frémissante a bondi, malhabile.

 

Le badaud qui nage me tance ou me salue,

Selon qu’il croit ses yeux ou se croit la berlue.

Capitaine, je barre à babord, à tribord,

De par les rues noyées, jetant mille sabords

 

A chaque lampadaire entravé, menacé

-Holà ! de chavirer ou de couler, ma Doué !

C’est que vive est ma nef, hors de l’urbain cadastre !

 

Allons, ma caravelle, hâte-toi de voguer

Pour mieux déployer tes ailes vers le bel astre :

Que la tristesse coule et ma joie fuse, oh gué !

image.pngimage.png

(Pixabay, libre de droits)

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci beaucoup pour cette participation, Thierry, continue, j'adore !

Ce poème est plus que ravissant, il est hors du commun et d'une grande finesse.

Voilà un chant de marin entraînant et plein d'humour également. Que de richesses littéraires dans ces vers...

Un grand bravo !

。^‿^。

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Un paradoxe vivant, maintenant, un être sans maison, le martinet.

Le Martinet

Je n'ai pas de maison, je vogue sur l'azur,

Progresse sur le vent et nage dans la brise,

Car je suis Martinet sans nulle couardise,

J'exècre votre ville et ses immenses murs.

J'aime la liberté, son univers si pur,

Je mène ma chanson en âme qui s'irise,

Acrobate du ciel, la mouche est seule prise,

Je suis déjà parti sans craindre le futur.

N'espérez mon retour, je survole la vague

Et déteste l'ennui, gardez votre Madrague,

Je plane sur l'Égypte et contemple le sphinx.

Voici la Pyramide, elle semble si belle !

Son ombre se rapproche en caresse de lynx,

Demain je serai loin de cette demoiselle.

Alba

ddu5.jpgIllustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

( ͡^ ͜ʖ ͡^ )

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Une participation médiévale pour faire de beaux rêves ;

Château Fort

Je reste bien dolente en ce château de pierre,

Mon seigneur est parti guerroyer en Artois,

Comment me consoler ? Il était si courtois,

L'ombre d'un grand corbeau vient planer sur la serre.

Il n'est ja plus de fleurs, tout est couvert de lierre,

Sur la plus haute tour, je crois que je le vois,

Je guette son retour et ressens mille émois,

J'accroche sur le mur un crucifix de verre.

Je me meurs de l'attendre et voudrais en finir,

La vaste cheminée est brasier d'avenir,

Devrais-je m'y jeter pour apaiser ma peine ?

Ses gens parlent tout haut, ils réclament très fort

Le maître de leurs vies si n'en suis point la reine,

Bien triste est l'existence en ce fier château fort !

Alba

xdp4.jpgIllustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

。^‿^。

Posté(e)

Une petite place, côté rue

Déposition

le corps en clos

j’ai posé ses lèvres

sur mes lèvres

du bout des doigts

dans le grand univers

je rêve

dans le cœur de la mère

le drap glacé de l’hiver

couvre ma honte


une voix de si loin m’appelle

par mon nom – Noël

soussigné – papier libre

me tire par l’oreille

une paupière du bourbier

je me ramasse à peines

de l’oubli - oui, toi !

et mon bonnet quolibet

et mes yeux restés collés

sur le carton


décidée d’en découdre

la nuit noire me taille

poing par poing

un manteau debout

où je m’engonce

de la tête aux pieds

filant les veines béantes

d’un pavé déchaux

sous les météorites

une ballade interminable…


passent mes déserts

éblouis de vents

sous les rafales

les femmes de couleurs

élevées des mirages

la poussière des troupeaux

immolés dans le silence natal

des montagnes

les clans d’enfants

dans les oiseaux les yeux volés

entends venir le ciel

Nadia, on va mourir !


°°°


j’ai posé mon souffle

à son oreille

et ma joue bleue dans l’herbe

têtes en chandelles

le ventre farci de coups

minuit passé

une voix de si loin

boîte à musique sous les branches

je ne me souviens plus

partie avec l’adresse

il faut dormir maintenant


de la poterne aux mains courantes

le rêve est revenu

le visage défait

Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Un poème infiniment touchant, qui broie le cœur, O Salto, comment vous remercier pour cette participation qui sera, je l'espère, suivie de bien d'autres ?

Il y a une richesse immense dans ces vers écrits par une sensibilité exacerbée.

Entre abri impossible et blessure béante, cette quête d'une survie douloureuse nous bouleverse.

Encore une fois, merci, O Salto.

Que de merveilles dans ce "jeu" d'écriture, un thème qui se prête aux mille variations de la plume et de la sensibilité.

( ᴗ˳ ᴗ )

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Une participation personnelle :

Le palais vénitien

Tel un caillou de moire ôté du ciel à naître,

Il repose sans rêve, épuisé d'avoir vu

Mille faces poudrées sur le sol imprévu,

C'est un rideau tombé, l'éventail du paraître.

Il sommeille à présent, tel un vieux petit-maître,

Sur la détrempe vive au regard entrevu,

Riche de son passé, d'avenir dépourvu,

La vague a tôt creusé cette faille si traître.

La brume voile un peu les navires partis,

Le commerce de grain, les pauvres là blottis,

Serait-ce l'en-deçà qui ressurgit, fantôme ?

Les rires se sont tus dans l'épaisse torpeur

Émanant de la boue, et quel affreux arôme

Que ces songes enfuis sans regret et sans peur !

Alba

j1sw.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Retour en France :

La cabane du jardinier

Ils s'agitent sans frein, tous ces monstres de bois,

Tel le rêve insolent d'un troupeau de cavales

Désireux d'explorer les terres virginales,

La Binette et la Pelle ont face de putois.

Il faut bien rappeler au Grand-Maître des Pois

Qu'il est temps de sarcler les terres vicinales,

El la Pioche ricane, ô puissances vitales !

L'édifice frémit, il en demeure cois.

Le soleil à l'aurore applaudit la saynète,

Il croit voir Arlequin faisant l'anachorète,

Le jardin dort encore, il se moque du bruit.

Le vacarme redouble, effrayant dame Ortie,

Elle tremble de peur tout le jour et la nuit,

Bientôt viendra sa fin, sans la moindre amnistie.

Alba

5sym.png

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

ɷ◡ɷ

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Prenons de la hauteur :

Le Palais du Potala

L'immensité lui parle au sommet des montagnes,

Ce mandala de pierre est message d'ailleurs,

Il reflète le ciel en éclairant les mœurs,

Le symbole est partout dans ces âpres campagnes.

Le vent trace à loisir son chemin loin des bagnes,

Ivre de liberté, vibrant des âmes-sœurs,

Il aime à survoler ces parlantes douceurs,

Le rouge et puis le blanc sont d'aimables compagnes.

La sagesse sans faille a bâti ces murailles,

La roche tibétaine en dégradé de mailles

Fait surgir l'infini dans l'océan brouillard.

Ce palais offre à tous une métamorphose,

Par sa force et sa grâce, il nomme sans retard

Les faces du réel, sans rien qui les oppose.

Alba

kwlp.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

( ᴗ˳ ᴗ )

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Une histoire de pirates :

Cap sur la Tortue !

Je porte ma maison comme d'autres leur sac,

Elle m'écrase un peu mais je suis résistante,

Et je chemine fière, à peine dilettante,

Sur les sentiers de Chine et les monts du Larzac.

Tout autour de la Terre, à pied ou en kayac,

Je progresse sans hâte et suis toujours partante,

Curieuse de tout, mon âme palpitante,

À l'heure de minuit, monte son bivouac.

Vous croyez me connaître et me trouvez lambine,

Mais je ressemble en fait au soleil qui décline,

Il darde ses rayons et je bombe le dos.

Car ce que je choisis et ce que je dois dire,

C'est que j'aime muser en laissant les credo

À ceux qui n'osent vivre et préfèrent médire.

Alba

tvyl.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Modifié par Alba

Posté(e)

Bonjour à tous. Voici une humble participation à la thématique de la maison. J'ai choisi de penser celle, intérieure, du poète. Voici donc l'Antre du poète :

Je n'ai pas de maison hormis celle intérieure :

Que m'importent les meubles si l'âme survit.

Je vous laisse rentrer, un peu, à l'intérieur.

Laissez donc vos chaussures à l'entrée. Merci.

Dans la bibliothèque ? Ah c'est, bien sûr, Pascal,

En effet. À côté, Baudelaire. C'est Dieu,

Et Satan. Je vous vois qui souris. C'est banal :

Mon âme oscille encore : êtes-vous vraiment mieux ?

Ces papiers ? Ce sont de vieux journaux. J'ai écrit

L'expérience des hommes. La mienne ? Je ris

Dans ma barbe. Oubliez. J'ai l'esprit objectif :

Si c'est moi c'est clinique, car une plaie à vif

Doit aussi se penser. C'est aussi la panser.

Ce vers de mirliton, ne l'oubliez jamais :

Mais partez, voulez-vous. C'est, certes, un peu court.

C'est sagesse pourtant. Je vous laisse les clés :

Exilé, en prison, à la rue... Si vous le désirez,

Revenez, vous serez bien accueilli, toujours,

Dans l'antre du poète.

Merci beaucoup à Alba pour l'invitation !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Bienvenue, @Rigault, dans ce jeu d'écriture, j'espère que vos participations seront nombreuses, nous connaissons tous votre talent. Ne me remerciez surtout pas de mon invitation, c'est moi bien sûr qui vous suis reconnaissante de votre présence.

"Car une plaie à vif/ Doit aussi se penser. C'est aussi la panser", lit-on dans ce beau poème, original et inventif.

Oui, en effet, et quelle sagesse en ces vers, quelle humanité !

Voici une plume proche de nous, proche de tous, que j'espère infiniment relire !

( ͡°_ʖー)~☆

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Une participation personnelle :

Les petites annonces de Bernard

Dans les journaux du coin, je passe des annonces,

Comprenne qui pourra, je cherche un abribus,

Une nacre jolie, et nul besoin d'argus,

Je rêve d'un marcel qui désarme les ronces.

Mon ancienne coquille était au vieux Léonce,

Un vieillard estimé comme le grand Cyrus,

Mais voilà, j'ai grandi, et pour charmer Vénus,

J'ai bien besoin d'un pagne avec ou sans sa fronce.

Je me nomme Bernard, ermite de métier,

Ma vie est monotone et cherche un costumier,

Car sous l'averse drue, il faut porter le frac.

Je n'ose dérober la robe de Madame,

Je vivrai donc tout nu, pleurant dans mon hamac,

Un petit crustacé n'est pas un porte-lame.

Alba

cmup.jpg

Illustration du poème réalisée avec le concours de l'IA

Au plaisir de vous lire !

。^‿^。

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