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Dieu, Je te renie, Je te défie

Featured Replies

Posté(e)

Tu veux des psaumes ?

Je t’offre des crachats.

Tu veux des offrandes ?

Je t’envoie mes cendres.

Tu veux des âmes ?

Tu les prends comme un voleur,

Sans contrat, sans justice, sans pitié !


Tu m’as volé ma Fille.

Pas dans un rêve, pas dans une parabole.

Dans le réel.

Dans le sang.

Dans le silence.

Tu l’as arrachée comme on arrache une Fleur

Pour la jeter dans un feu qu’on ne regarde même pas.


Et moi ?

Tu m’as laissée là,

À hurler dans un ciel vide, à supplier un mur,

À me noyer dans une mer sans fond.


Tu es le roi des absents,

Le maître des silences.

Le tyran des lâchetés.

Tu la voulais ?

Alors pourquoi ne pas l’avoir attendue ?

Pourquoi ne pas l’avoir laissée vivre,



Aimer, créer, briller ?

Tu l’as prise comme un caprice,

Comme un enfant cruel qui casse son jouet

Juste pour voir ce que ça fait.



Tu es indigne.

Indigne de nos prières.

Indigne de nos larmes.

Indigne de nos morts.


Et si tu existes,

Je te jure que je te retrouverai.

Pas pour te comprendre, Pas pour te pardonner.

Mais pour te faire face,

Avec chaque cri que tu as ignoré,

Chaque Mère que tu as brisée,

Chaque Enfant que tu as volé.


Je viendrai sans foi,

Sans peur,

Sans respect.

Je viendrai avec le nom de ma Fille

Gravé dans mes os,

Dans mes poings,

Dans mon regard.


Et tu verras, Dieu, imposteur du néant,

Tu verras ce que c’est

Qu’une colère plus vaste que ton ciel,

Plus brûlante que ton enfer,

Plus vraie que ton mensonge !




Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème-cri d'une grande intensité, qui bouleverse, naturellement.

Dieu aurait les oreilles qui bourdonnent, s'il existait. Malheureusement, il n'existe pas.

On ne peut s'en prendre qu'à soi-même. Ou au voisin, si l'on est un tantinet pervers.

( ̄个 ̄)

Posté(e)
  • Auteur

Merci pour ta lecture@Alba. Mon texte ne cherche pas un coupable, divin ou voisin, seulement à faire résonner mon cri de Mère en colère . Chacun y entendra ce qui lui ce qui lui appartient. Les échos, eux, choisissent leur oreille.

Posté(e)
  • Administrateur

C’est un poème bouleversant, d’une sincérité à couper le souffle. Vous osez formuler, pour ne pas dire cracher, ce que tant de parents endeuillés n’osent dire à voix haute, la rage contre Dieu, contre cette injustice absolue qu'est la perte d'un enfant. Je ne lis ici aucun blasphème gratuit mais l'intense détresse d'une mère brisée qui refuse que sa douleur soit sanctifiée. Vos vers ne demandent pas de réponse mais ils exigent d’être entendu. Merci pour cet intime partage que vous nous faites @Vol Au Vent.

Posté(e)

Un poème qui est en effet un véritable cri mais je ne pense pas que Dieu vous en voudrait, il n'y a rien de blasphématoire dans ce que vous écrivez en effet, juste une détresse sur laquelle vous posez des mots avec votre lucidité habituelle.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Face à une telle injustice, on ne peut que comprendre ton cri, une colère légitime..., c'est le cri d'une mère, un acte de survie, Vol au vent.

Et,, surtout, ton poème est un cri d'amour pour ta fille.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Peut-être encore plus fort que le précédent, ce poème est un cri de révolte sacrilège et déchirant contre Dieu, accusé d'injustice et de cruauté après l'horreur de la perte d'un enfant.

La forme est hachée, haletante, recourant aux injures, aux questions brutales et aux anaphores martelées. La violence du deuil se transforme en un défi métaphysique : défier Dieu en lui opposant une colère jugée plus vraie que sa prétendue grandeur.

C'est un poème de douleur pure, où la foi se renverse en un affrontement absolu.

Je repars de ma lecture sur la pointe des pieds, en saluant ton courage.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je m’incline avec respect et compassion devant votre douleur, @Vol Au Vent , dont ce poème déchirant est l’expression, mais c’est aussi la vertu de la poésie de donner libre cours à ce cri.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La disparition de son enfant est pour une mère l’arrachement de son cœur chère @Vol Au Vent Merci de nous faire porter un peu de votre douleur…

Posté(e)
  • Auteur

Merci à vous tous pour vos mots qui ne cherchent pas à apaiser ce qui ne peut l'être, mais qui reconnaissent simplement le droit au cri.

@Eathanoret @Nils Exo, vous avez raison : ce n'est pas un "blasphème" gratuit. C'est une confrontation nécessaire avec ce silence divin face à l'insupportable. Je refuse qu'on sanctifie ma douleur, qu'on la rende "acceptable" en la nommant "épreuve" ou "volonté divine".

@Sophie , merci, oui c'est d'abord un cri d'amour pour ma Fille. La rage contre Dieu, c'est parce qu'elle méritait de vivre.

@Joailes , ton analyse de la forme est juste : les mots sont hachés parce ma douleur l'est aussi. On ne peut pas polir ce qui doit rester brut.

@Jeep et @Tarentaise , merci pour votre écoute respectueuse. Écrire cela, c'est une façon de ne pas se laisser écraser par le silence.

Modifié par Vol Au Vent
J'avais oublié Nils Exo

Posté(e)

Un cri bouleversant et nécessaire pour continuer à seulement respirer quand on assiste impuissant à l'inversion de l'ordre des événements : jamais les enfants ne devraient partir avant les parents.

L'église, au nom de ce Dieu, au cours de cérémonies religieuses, laisse à voir des prêtres qui, partageant dans un premier temps la douleur parentale, finissent par insinuer que ce Dieu est protecteur et autres consolations insultant cette même douleur parentale.

Alors je hurle derrière vous (ou à côté de vous si vous le permettez) et appartiens à la meute prête à se retrouver face à cette Trinité pour demander des comptes.

Posté(e)
  • Auteur

À côté @Bollinger ! Définitivement à côté!

Votre compréhension de pourquoi je dois hurler pour respirer me bouleverse. Il y a des mots qui consolent, et ceux qui insultent la douleur, et vous avez su faire la différence.

La meute s'agrandit , j'en suis moins sûre, le monde tel qu'il est devenu, dirige de plus en plus de monde vers la religion, comme s'il allait y trouver des réponses : ces réponses sont en nous, à mon humble avis.

Merci de hurler. Merci de ne pas me demander de me taire💙

Posté(e)

Ton texte n’est pas un blasphème, c’est un cri désespéré.
Il ne cherche pas à convaincre, encore moins à provoquer : il témoigne d’une douleur brute, sans peau, née d’une perte qui dépasse toute logique. La colère qui s’y déverse n’est pas haine gratuite, mais amour survivant, amour devenu feu parce qu’il n’a plus d’endroit où se poser.
On n’y lit pas forcément le rejet de Dieu, mais l’impossibilité de continuer à parler poliment quand l’injustice a frappé au cœur. Ce poème dit surtout ceci : quand l’insupportable arrive, même les mots les plus violents sont parfois la seule manière de rester debout, de ne pas sombrer dans le silence absolu.

Je compatis à ta douleur @Vol Au Vent

Posté(e)

Whaou !!!

La déchirure de cette blessure béante est toujours, vive, absolue.

Et ton crie inonde tympans et océans stellaires. Nul ne peut l'ignorer. Même celui ou celle qui se cache dans l'invisible.

Quelle force possèdes-tu en toi pour décrire aussi vivacement cet amour que tu portes à ta fille.

Posté(e)
  • Auteur

@Martialys Merci d'avoir compris! C'est exactement ça : ce n'est pas de la haine, c'est de l'amour qui n'a plus d'endroit où aller. Quand la douleur est si grande, les mots polis ne suffisent plus. Il faut crier, même si c'est vers le vide. Ta compréhension me touche beaucoup, merci!

@Errances Merci! Cette force, elle ne vient pas de moi, elle vient de ma fille, de mes entrailles qui l'ont portée, de cet amour qui me déchire les tripes chaque jour. C'est un amour qui ne peut pas mourir, même quand tout est mort. C'est lui qui crie, qui refuse de la laisser disparaître dans le silence. Ma Fille mérite chaque mot arraché de mes viscères.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'admire la virulence de ce poème qui dit bien haut une raison affective de renier ce personnage tyrannique qu'on nous a imposé, trônant, dès notre enfance, comme un parangon de bonté.

Comme chantait Jacques Brel (Les désespérés): "Moi, si j'étais l'bon Dieu / Je crois que j'serais pas fier / Je sais, on fait c'qu'on peut / Mais y a la manière".

Je me rappelle un curé qui avait reconnu: le laisser faire de Dieu dans certains cas est un véritable scandale.

Il suffit de penser à la Shoa.

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