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La Haine _ Fleur Mortelle

Featured Replies

Posté(e)

Tu rampes.

Pas comme un serpent… trop noble.

Tu rampes comme une gale,

Une démangeaison putride qui se répand,

La marque d’une souillure infâme.


Tu n’as pas de visage,

Mais tu portes des masques :

Nation, religion, couleur, genre,

Tu te déguises pour mieux frapper,

Tu te parfumes pour mieux pourrir.


Tu es une infection lente,

Une toux sèche dans les discours,

Une fièvre dans les urnes,

Une pustule sur les plateaux télé.


Tu séduis les frustrés,

Tu caresses les ignorants,

Tu flattes les puissants,

Tu leur promets l’ordre,

Et tu leur offres le chaos.


Tu es la voix dans les couloirs sombres,

Le murmure dans les dîners de famille,

Le rire gêné quand l’insulte fuse,

Le silence complice quand le sang coule.


Tu ne cries pas, tu chuchotes.

Tu ne frappes pas, tu incites.

Tu ne t’excuses jamais,

Tu te justifies.


Tu es une chienne.

Pas celle qui protège,

Celle qui mord sans raison,

Celle qui grogne dans les coins,

Celle qu’on nourrit sans le savoir.


Et pourtant….

Tu es fidèle.

Tu reviens toujours,

Quand l’humain oublie d’être humain.


Alors oui, ma haine,

Ma peste, ma plaie,

Ma compagne des jours sombres…

Je te connais.

Je te vois.

Et parfois, je t’aime.

Juste assez pour te tuer.



Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une belle autopsie de la haine presque chirurgicale, Vol au vent.

Quelle lucidité ( toujours présente dans tes vers) et quelle maîtrise de la forme et du fond ( non moins présente, aussi) !

Tes mots sont intenses et puissants... à portée philosophique.

Tu reviens toujours,

Quand l’humain oublie d’être humain.

Et parfois, je t’aime.

Juste assez pour te tuer.

Posté(e)
  • Administrateur

C’est un poème d'une grande puissance et qui assume un regard lucide. Vous nommez la haine non pas comme une abstraction lointaine, mais comme une présence quotidienne et sournoise. Vos images sont simples, mais cela les rend d'autant plus efficaces et en mesure de parler sans mal à tout le monde : dîners de famille, plateaux télé, silences complices…

À travers votre dernière strophe, vous nous offrez une conclusion sans appel. La haine se combat mieux quand on accepte de la regarder en face voire même en soi. Chacun y souscrira ou non, mais au moins, vous osez écrire ce que certains préfèrent taire.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cette haine, si prompte à venir, si proche de nous, à s'y tromper. Son masque préféré : le sourire.

Un poème qui lui règle magistralement son sort. Bon débarras !

Posté(e)

La haine est ici personnifiée avec une rare lucidité, la regarder en face comme vous le faites afin de vous en débarrasser réclame une lucidité encore plus forte, bravo à vous !

Posté(e)

Je n'aurais probablement pas compris ce poème si tu ne nous avais pas confié le drame de ta vie.

En le prenant en compte, je comprends le ton brutal, accusateur, sans fioritures et ces derniers vers sont très explicites, je les connais.

Il y a 6 heures, Vol Au Vent a écrit :

Alors oui, ma haine,

Ma peste, ma plaie,

Ma compagne des jours sombres…

Je te connais.

Je te vois.

Et parfois, je t’aime.

Juste assez pour te tuer.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La haine, l’envers de l’amour, comme le mal, ennemi du bien. S’en approcher pour mieux s’en libérer. Un poème âpre et juste.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Comment combattre la haine pour régénérer l’amour, comme votre poème le suggère, d’abord l’apprivoiser…

Modifié par Tarentaise

Posté(e)
  • Auteur

@Sophie , @Eathanor : votre mention de la lucidité me touche particulièrement : c'est vrai que j'ai voulu regarder la haine en face, sans détour, dans ce qu'elle a de plus banal et donc de plus dangereux.

@Alba : tu as raison, son masque préféré est bien le sourire. C'est cette normalisation insidieuse qui me terrifie le plus!

@Joailes : je comprends ta lecture, mais je voudrais préciser que ce poème parle de la haine dans son universalité, celle qu'on croise tous les jours, dans les gestes ordinaires, les silences, les compromissions. Personnellement, je l'ai assez peu ressentie (je l'ai vite bannie), c'est justement ce qui me fascine et m'inquiète chez elle : sa présence constante autour de nous, sa banalité.

@Jeep et @Tarentaise : cette idée d'apprivoisement pour mieux combattre, c'est exactement ça. On ne peut pas vaincre ce qu'on refuse de voir, même en soi.

Citation de Sun Tzu, dans l'art de la guerre (5e siècle avant J.-C): "Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux"

Merci à vous tous pour vos lectures, j'apprécie vraiment!

Posté(e)

Superbes vers. Magnifique !  La chute l’est tout autant. La haine de l’autre, cette maladie qui ronge les sociétés, voilà ce que nous devons éradiquer au plus vite. Ce sentiment calamiteux à la vie dure… Malheureusement.

Merci Vol Au Vent du partage.

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un pamphlet terrifiant, quand on sait qu'elle nous mord tous, un jour ou l'autre, la haine. Solennel et efficace comme une gifle magistrale. La chute est géniale!

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